Home/Non classé/Amour parental

J’ai toujours été une fillette docile
Et je n’étais pas une adolescente plus difficile.
Je ne cherchais que l’amour parental,
La chaleur et la sérénité d’un foyer familial.
De leur haine conjugale,
J’étais le dommage collatéral.

Ne pas prendre parti pour un des membres de ce couple-ennemi
Signifiait à leurs yeux obligatoirement
Le ralliement à l’autre parti.
Les insultes et les coups étaient inévitablement resservis.
Même la neutralité à ce jeu là m’a toujours desservie.

Parfois, ils imaginaient faire renaître leur union
En reprenant ensemble mon simulacre d’éducation.
De dommage collatéral,
Je devenais cible principale.
Les interdits étaient ma règle de vie.
Les autorisations n’étaient qu’illusions.
Mon silence était pour eux, le signe de mon indifférence.
Mes réponses à leurs demandes, preuve de ma grande arrogance.
Malgré ma soumission,
Je subissais leurs humiliations
Malgré ma rébellion,
J’endurais ma mortification.

J’aimais le silence et la nuit quand elle travaillait et qu’il dormait.
Ces rares nuits où enfin, les cris se mouraient.
J’aimais ces rares et douces nuits où mon corps meurtri
Ne ramassait pas au sol, celui de mon père, inerte de trop de beuveries.
Félicité maternelle, j’ai connue
Quand par les tâches ménagères et le jardinage, ma carcasse était rompue.
Reconnaissance paternelle m’a caressée
Quand en silence, je dissimulais bouteilles d’alcool vides et autres indices de son ivresse.

Combien de temps encore à être l’enfant servile de cette monarchie parentale ?
Comment continuer à encaisser maltraitances physiques et mentales ?
De ce quotidien traumatique,
La fuite était de mon point de vue l’échappatoire unique.
Alcool et somnifères volés à mes deux Lucifer
Anesthésiaient mon univers mortifère.

À ceux qui croient qu’être un enfant unique est un privilège,
Je répondrai que dans certains cas, cela peut être aussi un sortilège.

Je suis sortie seule de cet enfer,
La tête haute et j’en suis fière.
J’ai pansé mes blessures et séché mes larmes.
J’ai en partie oublié ce drame.
Je voue à mes deux filles un amour parental total
Et mon toit leur offrira toujours la chaleur et la sérénité d’un foyer familial.

JEF

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