JULES,

Jules à des yeux bleus océan
Mais son regard est aussi vide que le néant.
Dans son cœur, il n’y a pas de place,
Jules y’a accumulé trop de glace.
Dans son cerveau règne le désordre.
Jules ne parvient pas à y mettre de l’ordre.

Jules ne trouve pas sa place.
Pour lui, ce monde est une impasse.
Jules n’aime pas les gens.
Il ne comprend pas leur fonctionnement.
Rires et plaisanteries,
Jules n’a jamais compris.
Tisser des liens, se tenir la main,
Jules n’y comprend rien.

Il préfère contempler les trains.
Jules aime caresser les chiens.
Dans ce monde dénué d’humains,
Jules s’y sent bien.

Ses bizarreries éveillent la nervosité.
Sa différence fait naître l’animosité.
Jules à toujours été privé d’amour.
Il n’aime personne en retour.

Jules ne connait que la solitude,
Conscient de son hébétude.
Jusqu’à quand tiendra-t-il la distance ?
Jules réussira t’il encore longtemps à supporter la « méprisance » ?

JEF.

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Categories: Écritures, Poésies

Ma cousine vient de m’appeler. Une heure au téléphone.

Elle me raconte qu’elle vient de quitter un groupe de personnes avec regret.

En effet, elle a fait partie pendant quelques mois d’une jeune asso antiraciste dont elle partage les valeurs, mais dont les modalités d’organisation lui pèsent.

Elle n’est pas en grande santé, et elle n’a plus suffisamment d’énergie à lui consacrer.

Elle est déçue, car dans sa ville, jusqu’à sa rencontre avec les membres de cette asso, elle n’avait pas trouvé d’allié.es sur les questions antiracistes.

Donc elle continuera de suivre ses programmations et ses actions, elle y assistera/participera quand elle le pourra, car ça lui fait du bien.

Deux jours après avoir officialisé son départ auprès du président de l’asso, ma cousine reçoit encore des échanges de mails, car sa désinscription de la mailing list des adhérent.es n’a pas été faite.

Tant mieux, puisqu’elle reçoit un mail concernant la prochaine « Boum des Contestations et des Possibilités » (la BCP)

La BCP est une sorte de festival qui se passe début août, regroupant des « asso et autres orga. » ayant contribué depuis le mois de septembre à l’élaboration de ce weekend militant.

Ma cousine est plutôt contente, car elle est pressée de connaître la programmation 2017 de la BCP, alors elle ouvre le fichier .pdf joint.

Et là, elle découvre un truc qui ne lui plaît pas du tout : l’asso antiraciste dont elle faisait partie, apparaît le dimanche à 15h, en tant qu’animatrice d’un atelier sur le thème « confisquer la réflexion ».

Pourtant, lors de sa dernière réunion mensuelle, l’association antiraciste avait seulement décidé de tenir un stand lors de la prochaine « Boum des Contestations et des Possibilités », pour visibiliser son existence dans le tissu associatif et militant de sa ville, et assurer une présence qui sensibiliserait les festivalier.es aux questions antiracistes.

Pour cela, elle envisageait, entre autre, une rétrospective en photos des actions passées, et un accent sur les actions en cours, avec la tenue d’un.e infokiosque/librairie.

Ma cousine m’assure que personne de l’asso n’aurait pris l’initiative de programmer auprès de la BCP, autre chose que prévu lors de la dernière réunion mensuelle. Evidemment, des suggestions d’adhérent.es ont été faites ultérieurement, car l’association ne s’interdit pas de réajuster les décisions prises en réunion si le besoin s’en fait sentir. Mais la décision collective est toujours respectée.

La première réaction d’un.e membre de l’asso antiraciste, face à cette décision d’autorité de la part de la BCP, a été :

« Ce qui est un peu gênant […] c’est que notre association est présentée comme ayant proposé l’atelier, alors qu’elle ne l’a pas fait. Le sujet imposé est très complexe. Alors soit on annule, soit on trouve un autre sujet, soit on trouve un expert pour traiter le sujet imposé ».

Ma cousine est dépitée.

Je lui dis « Mais laisse tomber ma poulette ! Tu t’en fous, tu ne fais plus partie du truc de toute façon !»

Mais elle me rétorque en haussant le ton, avec l’énergie d’un énième sentiment d’injustice : « Même si j’ai quitté l’association, je ne peux pas rester de marbre ! La Boum des Contestations et des Possibilités se serait-elle permis cet autoritarisme s’il s’était agi d’ATTAC ou de Green Peace ? Pourquoi méprise-elle à ce point l’asso antiraciste ? Maintenant, elle force cette jeune association à se positionner et à subir un stress qui l’empêche de se trouver légitime à refuser l’injonction ! Doit-elle :

-Annuler ? Y aura-il un erratum ? Comment sera-t-il formulé ?

-Trouver un sujet qu’il puisse traiter en autonomie ? Ça exige que quelques membres se ménagent un temps de préparation en urgence. Merci du cadeau !

-Trouver un.e expert.e en urgence également ? Mais qu’il/elle soit du coin ou de plus loin, ça implique que ce sera de toute façon aux frais de l’association, qui n’a pas de thunes par-dessus la tête. Et toujours pas de temps à consacrer à cette programmation obligée. »

Ma cousine est lasse. Elle a décidé de laisser tomber le militantisme dans ce coin-là de France, où la reproduction des schémas d’oppression et de domination est rarement questionnée et déconstruite dans le milieu militant.

« Et après ils/elles s’étonnent qu’y a personne aux manif ‘… »

Bref, elle m’a dit « A bientôt ma cousine, tu passes quand tu veux ! » et elle a raccroché. À la pause déjeuner elle réceptionne les petits (les siens et ceux de la voisine), et à 14 h elle commence une tournée pour visiter ses parents et beaux-parents âgés.

Avant, elle a pris le temps de me donner une précieuse idée de lecture, un conseil d’amie : la brochure « discriminations multifactorielles » éditée par le réseau Classe/Genre/Race, qui est disponible en format .pdf sur simple demande via lachute.fr.

Extrait :

« Les discriminations que subissent les femmes issues de l’immigration postcoloniale ne sont pas dues à des malentendus qu’il s’agirait de dissiper. Ces discriminations s’inscrivent dans des rapports de domination sexistes, racistes et de classe, elles ont une fonction, elles permettent des privilèges.

Donc nul miracle possible en la matière : les privilégié.es ne vont pas faire le deuil de leurs privilèges, uniquement parce qu’ils/elles auront partagé, avec les discriminées, un convivial repas « interculturel ».

Les discriminations classe/genre/race ne disparaîtront que grâce aux combats pour l’égalité que mènent et que continueront à mener les premières concernées ; elles ne disparaîtront que grâce au rapport de force politique qu’elles auront réussi à créer.

Mais les acteurs sociaux soucieux de participer réellement à la lutte pour l’égalité et contre les discriminations ont un rôle à jouer : il ne s’agit pas d’être des « émancipateurs/émancipatrices » de femmes issues de l’immigration souvent perçues comme mineures, faibles et dominées, mais des « facilitateurs/facilitatrices ».

Pour se faire, il est essentiel de :

– prendre en compte la spécificité des discriminations subies par les femmes issues de l’immigration post-coloniale,

– prendre en compte l’ampleur des discriminations classe / genre / race,

– reconnaître que le sort réservé aux femmes musulmanes voilées, notamment sur le marché du travail, est violemment discriminatoire,

– prendre en compte le point de vue et l’analyse des femmes racisées concernant la violence qu’elles subissent, en termes de savoirs, et dans la construction, la mise en oeuvre et l’évaluation des actions en leur direction.

Ces impératifs contribueront à éviter que les actions de « lutte contre les discriminations » ne participent, en réalité, à reproduire le système discriminatoire, comme c’est souvent le cas aujourd’hui. »

https://fr-fr.facebook.com/ClasseGenreRace/

JH

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Categories: Société

Aujourd’hui (dimanche 11 juin) et dimanche prochain (18 juin) auront lieu les élections législatives.
Elles servent à élire les députés qui siégeront au Parlement.

Qu’est-ce qu’un député ?

Un député est un élu qui, à l’Assemblée Nationale, participe au travail législatif.
Quand certains électeurs font tout pour donner une majorité au Président en place en votant pour les candidats de son parti, d’autres mettent tout en œuvre pour voter contre eux de manière à « instaurer un contrôle » du gouvernement voire une sorte de « contre pouvoir ».

Mener une campagne est difficile ; c’est prenant, fatiguant, contraignant… Certains mettent même leur vie entre parenthèse pour s’y consacrer pleinement.
Elle l’est d’autant plus pour les « petits » candidats qui pour la plupart ne sont pas entourés par une grande équipe contrairement à certains de leurs concurrents qui font partie des grosses « écuries ».
S’ils ont possibilité de faire un appel aux dons, la plupart la finance par leurs fonds propres.

Comme vous le savez, certains médias, quoi qu’on dise et quoi qu’on en pense, font la campagne de certains candidats en leur accordant des temps d’antenne et des pages plus importants que leurs concurrents.

Est-ce volontaire ou involontaire ? Il est important de se poser la question même si chacun aura sa réponse…

Si l’on prend en exemple la 1ère circonscription du Loiret, sur les 13 candidats en lisse, seulement cinq d’entre eux avaient été invité par la rédaction de France 3 Centre-Val de Loire pour un débat dans l’émission « Dimanche en Politique » présentée par Madame Faïza Garel-Younsi.

Cette dernière avait d’entrée de jeu présente les invités comme étant « les candidats des principaux partis ». Pourquoi instaurer cette hiérarchie ?
Cela voudrait-il dire que les autres partis (non invités) ne seraient pas importants ?

Quels étaient ces candidats invités ?

Etaient présents à cette émission : Charles-Eric Lemaignen (LR), Colette Poltaratstky (FN), Olivier Jouin (PS), Stéphanie Rist (REM), Anne-Sophie Leguin (France Insoumise).

Avec cette émission, nous avions l’impression de revoir un remake de l’élection présidentiel lorsqu’étaient invités seulement les grands partis. Cette pratique que nous pouvons assimiler à une forme de discrimination handicape fortement ceux qui sont restés sur le carreau.

Et parmi eux, quatre l’ont fait savoir dans un communiqué envoyé le 07/06 à la rédaction de France 3.

Dans celui-ci nous pouvions lire :

« Daniel SIMON (Debout La France), Murat YILMAZGILLER (Sans étiquette), Kasia EDEY GAMASSOU (Parti Chrétien Démocrate), Khalid BAJJOUJ (Union des Démocrates Musulmans Français), sommes choqués de ne pas avoir été invités au débat de FRANCE 3 région Centre-Val de Loire lors du débat entre les candidats de la première circonscription du LOIRET pour les élections législatives. C’est un déni de démocratie et de représentativité des différents courants politiques ainsi que de l’équité et de l’égalité entre candidats. Nous demandons donc à FRANCE 3 de nous inviter dans la semaine dans un de vos JT, chacun de nous quatre, pendant dix minutes pour représenter les candidats de notre parti dans le LOIRET ».

A notre connaissance, ils n’ont pas obtenu de réponse.

Prenons l’exemple du candidat Khalid BAJJOUJ (Union des Démocrates Musulmans Français) qui à part Radio Campus n’a été contacté par aucun média. Lorsque nous lui demandons pourquoi, ce dernier répond : « Il y a des rumeurs disant que nous serions blacklistés ».

Il nous confie aussi que c’est la même chose pour ses collègues en ile de France.

« Une équipe de France 2 est venue tourner un reportage dans les locaux de l’UDMF, elle est repartie avec de nombreuses images et des interviews, tout s’était bien passé et pourtant France 2 n’a pas diffusé ce tournage ».

Lorsque nous lui demandons pourquoi, il répond que la journaliste qui était désolée a appelé le responsable du parti en lui disant :
« La rédaction ne souhaite pas diffuser le reportage car vous ne faites pas assez musulmans. Vous avez tenus vos réunions dans des salles classiques. La rédaction souhaite que l’on vous filme dans une mosquée ».

C’est incroyable à quel point les médias veulent manipuler l’opinion publique !

Lorsqu’on lui demande comment les médias l’ont traité, il nous dit :

« Il y a eu 0 articles de presse. C’est injuste. Ce n’est pas équitable. Les médias pensent qu’on ne représente personne. La République du Centre n’avait aucune photo de moi, je leur en ai envoyé une. Ce même journal a dit que j’étais sans étiquette, j’ai dû leur demander de corriger cela en inscrivant que je représentais l’UDMF, ça été fait rapidement. Depuis le début du parti, on a tout fait pour nous dénigrer. Les médias se sont acharnés sur notre parti faisant fuir les donateurs. Lorsque j’avais demandé à mon mandataire financier d’ouvrir un compte de campagne, les banques ne voulaient pas. J’ai dû voir cela avec ma banque personnelle qui a accepté ».

Vous devez savoir que contrairement à l’élection présidentielle, les candidats aux législatives sont élus par les électeurs de leurs circonscriptions. Il est donc très important que tous les prétendants bénéficient des mêmes conditions pour que les votants puissent avoir un réel choix et que ce choix ne soit pas dicté et imposé par la presse.

Malheureusement c’est le cas, l’émission « Dimanche en Politique » ainsi que les articles dans la presse en sont la preuve.

Nos confrères de la République du Centre, Mag Centre, Apostrophe 45 couvrent les législatives en dressant les portraits des candidats. Le font-ils équitablement ? Certains journalistes prennent de haut les « petits » candidats quand d’autres les dénigrent dans leurs articles. Pourquoi cette différence de traitement ?

Si l’on prend la République du Centre de vendredi 2 juin, vous pourrez constater que la page 2 est entièrement consacrée à Madame Rist candidate LREM (La République En Marche). Pourquoi la mettre autant en avant ?

Ce journal est accessible partout: dans les bars tabac, les bibliothèques, les cafés, les établissements scolaires, les salles d’attente, les centres sociaux…

De fait les quotidiens locaux départementaux ou nationaux sont plus lus que les médias alternatifs types blog, sites…

Pourquoi les médias veulent-ils influencer le choix des électeurs? Dans la tête de nombreuses personnes, plus l’article est grand, plus la personne est importante.

Ce genre de procédé trompe les lecteurs qui sont pour la plupart de potentiels électeurs.

Pourquoi biaiser la campagne?! Déjà que les « petits » candidats galèrent contre les gros, agir de la sorte ne fait que les mettre plus à mal.

Il faut arrêter de vouloir influencer nos concitoyens par des messages subliminaux ou pas et leur laisser le choix du nom du candidat qu’ils glisseront dans l’urne.

A bon entendeur salut…

AJ

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Categories: Politique

La maraude consiste à aller dans la rue à la rencontre de personnes « sans-abris » pour leur apporter de l’aide matérielle et morale.
Les bénévoles peuvent apporter : soupe, café, thé…, mais aussi parfois des produits de première nécessité pour la toilette ou des vêtements.
Ce qui est très important aussi, c’est que ces derniers partagent surtout un moment convivial et chaleureux avec les sans-abris.

Comme vous l’aurez compris, le plus important lors des maraudes, c’est de ne pas être indifférent et établir un réel contact humain.

Depuis janvier 2014, les Maraudeurs du Jeudi composé de 5 travailleurs sociaux ont pour objectif à travers une initiative citoyenne, de partir à la rencontre un jeudi par mois des précaires et des sans-abris d’Orléans dans un élan de générosité et de partage. Ce groupe fondé par Yves Bodard, Samira, Colette et Lauren a très vite pris de l’ampleur. En effet, de nombreuses personnes les ont rejoints sur le terrain à l’instar de Florence, Ruslan, Maxime et Catherine. Nous précisons que cette équipe compte dans ses rangs de nombreux sympathisants.

Nous avons contacté M. Bodard pour en savoir plus et ce dernier nous a confié que:

« Cette initiative a aussi pour objectif de casser certaines idées reçues sur les plus précaires et montrer que les arrêtés municipaux notamment l’arrêté anti-mendicité qui sévit à Orléans depuis 2002 est une absurdité.
Depuis Janvier 2014, à travers l’identification de besoins sur le terrain, nous collectons vêtements, chaussures, duvets, produits d’hygiène, nécessaire de toilettes, livres etc….. mais aussi des radios dynamo et solaires pour rompre l’isolement des plus démunis que nous redistribuons aux personnes que nous rencontrons lors de nos maraudes.
Nous entreposons les dons et collectes dans un garage dont nous finançons la location sur nos deniers personnels ».
Il poursuit en disant « nous prenons aussi et surtout le temps de l’écoute et de l’échange en proposant une soupe, un café chaud et en privilégiant le respect et la réciprocité. Nous nous situons dans une position d’égal à égal et de par notre formation et notre éthique, nous veillons à respecter l’intimité, l’anonymat et la dignité de chaque personne rencontrée ».
Il précise que les maraudeurs du jeudi ont informé les dispositifs existants, de l’action qu’ils mènent et qu’en aucun cas ils ne souhaitent se substituer aux leurs.

Et pour conclure il nous rapporte :

« Nous avons fait le choix d’une action citoyenne pour éviter la lourdeur de la structure associative. En tant que travailleurs sociaux, nous avons aussi une certaine exemplarité à donner et nous souhaitons modestement entrainer d’autres initiatives dans notre sillage afin que le regard sur les laissés-pour- compte change.

C’est ainsi qu’une maraude composée de pharmaciens: « Les pharmaraudeurs » que nous avons initiés, ont débuté une action plus ciblée sur le soin chaque dernier mardi du mois. Nous invitons aussi deux personnes qui suivent l’action de notre groupe à nous rejoindre le temps d’une maraude ».

Dans le cadre de la maraude de ce jeudi 08/06/17, qu’elle ne fut pas leur stupéfaction en ne trouvant pas une personne avec qui ils avaient tissé des liens. Comme une vidéo vaut tous les discours, cliquez sur le lien.

Pour information, ce groupe altruiste a crée un groupe Facebook: « Les maraudeurs du Jeudi » qui rassemble plus de 1400 personnes à ce jour. Et sur leur page, ils ont posté le message suivant :

« Notre colère est légitime et je dénonce la politique de la ville d’Orléans qui depuis 2003 a déclaré la guerre aux pauvres au lieu de combattre la pauvreté.
Nous allons aussi demander des comptes aux élus locaux et cette personne voudrait récupérer ses effets personnels, ses livres etc…
Légalement, nous souhaitons aussi savoir si la police municipale avait le droit d’intervenir sur le lieu du conseil Régional qui était solidaire de cette personne qui « avait élu domicile » ici depuis deux ou trois ans!
Deux autres jeunes ont aussi été délogés au même endroit et nous les avons dépannés dans l’urgence de sacs à dos, quelques vêtements et hygiène, de deux duvets et d’une toile de tente.
Le message est clair, il s’agit d’une politique « hygiéniste » et j’assume mes mots pour laisser une ville propre aux touristes et cacher cette misère car cette personne n’a pas été prise en charge mais simplement été délogée, «déplacée » et livrée à l’errance, sans lien, sans quoi dormir et encore plus fragilisée!
C’est comme si je rentrais dans votre espace intime et que je vous « débarrassais » manu militari de ce qui vous lie à vos souvenirs, etc… »
Hier soir, lors de cet enregistrement vidéo pendant la maraude, nous avons croisé une élue de la région qui témoignera si elle le souhaite et qui était outrée de ce traitement indigne « inhumain' ».
Elle avait les larmes aux yeux en évoquant son voisin (sic) et est restée un petit moment avec nous et échanger avec les personnes rencontrées hier soir (plus d’une cinquantaine au bas mot).
C’est une vraie violence indigne de notre société.
Je suis un homme en colère et triste.

« Merci de partager sans relâche encore et encore pour briser les silences ».

Bien entendu, sur leur page il n’y a pas que des coups de gueules. Vous avez des informations sur leurs actions. Concernant les collectes, ils n’acceptent aucun don en argent ; juste des dons matériels. N’hésitez pas à aller sur leur page facebook car c’est un bon moyen pour eux car ils ont besoin de cette chaîne de solidarité pour agir au plus près de ceux qui souffrent dans les rues.

AJ

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Categories: Ma ville

Ce centre hospitalier situé à Cayenne, appelé aussi le CHAR a ouvert ses portes en 1992.

C’est l’établissement de santé public le plus important du département avec à son actif 682 lits. Il gère également 21 postes de soins répartis sur tout le territoire guyanais.

Depuis plusieurs années déjà, le CHAR s’enfonce dans la déchéance.

Selon le Dr Patillot, « l’établissement s’endette de 15 millions d’euros par semestre ».
« 70 % de la population est en situation précaire » ajoute Éric Mietti du syndicat CDTG. Il faudrait réviser la tarification à l’acte.

Quant à l’IGAS (inspection général des affaires sociales), elle estime « le surendettement du CHAR à 72 millions d’euros ».

Pour Patricia Said, secrétaire adjointe de l’UGT santé (union guyanaise des travailleurs), « la mauvaise gestion de l’hôpital, les dysfonctionnements administratifs successifs, la défaillance du système de sécurité (notamment incendie), les malfaçons des bâtiments, leur insalubrité, le manque de moyens financiers, matériels et personnels est une problématique qui a été à plusieurs reprises dénoncée à l’ARS (Agence Régionale de la Santé) et au ministère de la santé ».

Madame Said poursuit en déclarant « qu’en un mois, six décès ont été constatés : cinq enfants nés prématurément et atteints de staphylocoque doré contracté dans le service de réanimation néonatale ainsi que celui d’un homme, retrouvé calciné dans sa chambre »

C’est la débâcle à l’hôpital Andrée Rosemon !

À bout de force, personnel hospitalier, intersyndicale du CHAR, collectif des médecins  » le droit à la santé pour tous » rejoints par diverses associations et différents collectifs, encouragés par les usagers, déclenchent une grève, réclamant la réhabilitation de l’établissement, du personnel et des moyens financiers(20 millions d’euros) afin d’apporter des soins aux patients dignes de ce nom, conditions de travail acceptables et sécurité pour tous.

Les grévistes ont écrit un courrier à Mme Buzyn, Ministre de la santé et attendent son intervention ainsi qu’un versement d’apport financiers, promis lors de négociations ayant eu lieu en mars et avril 2017.

Selon Guyane 1ère, « une association a porté plainte contre le CHAR, l’ARS et Mme le Ministre de la santé pour mise en danger de la vie d’autrui, non assistance à personne en danger et pratiques discriminatoires ».

Toujours selon Guyane 1ère, « le 24 mai 2017, les sénateurs Mr Georges Patient et Mr Antoine Karam se sont entretenus du dossier avec Mme Annick Girardin, Ministre Outre-mer. Les élus ont déposé un référé devant le tribunal administratif pour non respect de l’accord de Cayenne : seuls 6 millions d’euros auraient été versés, donc 20 millions d’euros sont manquants ».

Le 5 juin 2017, une commission d’expertise, constituée de M. Pierre Lesteven, administrateur provisoire du CHAR, Jacques Cartiaux, administrateur provisoire de l’ARS et de M. Dominique Noiré, haut fonctionnaire de l’assistance publique des hôpitaux Paris.

Pour M. Cartiaux, leur mission avait pour but « d’entendre tous les acteurs de ce conflit : grévistes, syndicats, représentants des familles, médecins, etc.. .et de mettre fin à cette grève historique ».

À l’issue de cette mission d’expertise, 100 postes ont été créés immédiatement. Chaque année, l’établissement bénéficiera de 75 salariés supplémentaires pour arriver jusqu’à 400 postes au total. Les grévistes en réclamaient 200.

JEF

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Categories: Société

Selon l’article 1er de la Constitution, « la France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion.

Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.
La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales. »

Mais quand est-il en réalité ? Dans la société au quotidien ?

Le 6 juin 2017, avait lieu l’avant première du documentaire « Laïcité parlons en…. » réalisé par M. Ali Jefrani.

Phénomène de société sensible depuis quelques temps, la laïcité revient de plus en plus dans la scène médiatique et dans les discours des politiciens.

C’est en toute objectivité que M. Jefrani a traité ce sujet.

Les personnes interviewées venaient de tout horizon. Nous avons eu la chance de découvrir des personnes qui maitrisaient le thème choisi par le réalisateur à l’instar de l’essayiste M. Lévy, l’ancien avocat Maitre Communal, l’enseignante Mme Flores ou encore le directeur du Collectif Contre l’Islamophobie M. Muhammad. S’étaient aussi exprimés M. Bodard (travailleur social), Mme Falah (animatrice), Mme EL Maoujoudi (esthéticienne en pharmacie), M. Sueur (Sénateur), M. Louati (activiste pour les droits humains et libertés publiques, spécialiste de l’islamophobie), Mme Sheepers (master 2 en sociologie), M. Kerim (journaliste indépendant).

Toutes ces personnes ont expliqué leur point de vue, argumenté et éclairci des points en toute liberté.

La richesse des informations contenues dans ce documentaire, accentuée par la neutralité de Mr Jefrani qui ne questionne pas les intervenants et n’oriente pas leur prise de parole font de ce documentaire une œuvre très enrichissante dans laquelle le spectateur apprend non seulement beaucoup sur la laïcité mais ne ressort pas indemne de la salle de projection.

A l’issue de la projection, un échange avec la cinquantaine de personnes présentes a eu lieu. Des questions ont été posées, des réflexions ont été apportées…

Parmi les invités, certains ont dit que le documentaire était un peu long (2h09) mais tous s’accordaient à dire que ça en valait la peine à l’instar d’Elsa qui reconnait « avoir ouvert les yeux du fait qu’elle n’avait qu’une vision juridique du concept de la laïcité ».

En effet la réflexion sur le sujet s’impose d’elle même.

Lorsque l’on pose la question à Mr Jefrani sur sa motivation à réaliser un documentaire sur la laïcité, voilà sa réponse : « La laïcité est un terme galvaudé qui ne signifie plus grand chose pour énormément de gens. Utilisé à tord et à travers, de nombreuses personnes en ont une définition floue.

C’est pour palier à cela que j’ai réalisé ce documentaire. Je souhaite qu’il serve de support pédagogique pour les écoles, les collèges, les lycées et pourquoi pas les universités ».

Pour ma part, j’aouterai juste que les motivations de Mr Jefrani sont excellentes mais son documentaire devrait selon moi, être vu par un maximum de personnes.

Je tiens à lui adresser toutes mes félicitations ainsi qu’à M. Mourriere (ICE MK PROD) et je lui demande de ne surtout pas arrêter en si bon chemin.

Pour vous donner une petite idée, voici la bande annonce du documentaire.

https://www.youtube.com/watch?v=ayA-4tuCVWU

JEF

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Categories: événement

Comme tout le monde le sait, le sigle FFF signifie Fédération Française de Football. Mais depuis un petit moment, il signifie autre chose dans l’esprit de nombreuses personnes…
Comme vous avez pu le lire dans l’article « Black Blanc… et les Beur ? » publié le 7 mai, il était mentionné le racisme dans le monde du football, le scandale des quotas et la non sélection en équipe de France de Karim Benzema.

Aujourd’hui, FFF signifie France Facho Football pour beaucoup de nos concitoyens et pour preuve, l’acharnement dont sont victimes les footballeurs d’origine maghrébine et/ou de confession musulmane.

Ces jours ci, de nombreuses vidéos refont surface dans les réseaux sociaux, qui rappelons le, si elles n’avaient pas été publiées, beaucoup n’en n’auraient jamais eu vent. En effet, les médias dits « traditionnels » n’en avaient pas parlé…
Sur l’une des vidéos, l’émission « le vestiaire » sur RMC Sport, était invité Jacques Faty (ancien joueur de l’équipe de France espoir).

Ce dernier avait commencé par dire à Emmanuel Petit, à William Gallas et à Franck Leboeuf qu’en équipe de France des moins de 19 ans il avait son petit groupe dont faisait partie Franck Ribéry. Ensuite, il a raconté une anecdote… Lorsqu’il était l’heure de prier, ils y allaient et revenaient directement. Pour cette histoire en particulier, ils avaient prié dans les douches.
Vus par l’entraineur des gardiens de but qui s’était empressait d’aller raconter cela à René Girard (entraineur de l’époque), cette délation a eu pour conséquence directe la perte du brassard de capitaine pour Jacques Faty et le renvoi de l’équipe de France pour deux autres de ses coéquipiers. Selon ses dires : « Les deux joueurs qui étaient avec nous ce jour là, on ne les a plus revu en équipe de France ».
Seul Franck Ribéry avait été épargné car « performant et était un joueur en devenir ».

Si on ajoute à cela la polémique autour du buffet Hallal qui avait été du jour au lendemain balayé d’un revers de main alors qu’il ne posait aucun problème cela fait beaucoup… !

On nous dit que c’est sous couvert de laïcité. Mais c’est quoi la laïcité ? Posez cette question et vous vous apercevrez que peu de personnes en connaissent la définition et le sens. La laïcité c’est la séparation entre les Eglises et l’Etat. En d’autre terme, le pouvoir des Eglises ne doit pas interférer dans le pouvoir de l’Etat et vice et versa. Est-ce le cas aujourd’hui ? Bien sûr que non, preuve en est les propos tenus par M. Valls (Premier ministre à l’époque) sur Europe 1 : « On porte le maillot bleu et les couleurs de la France… Quand on assume des responsabilités et qu’on incarne l’équipe de France, il faut être exemplaire ».

Le mot « laïcité » est utilisé à toutes les sauces pour stigmatiser l’Islam. Porter le foulard, faire le Ramadan, prier, ça n’est pas faire du prosélytisme. Depuis quand pratiquer sa religion signifie faire du prosélytisme ? Faire du prosélytisme signifie chercher à convaincre et/ou à convertir à sa cause. Est-ce la même chose ? La réponse est encore non.

Dans une interview du Figaro publié le 01/06/17 (Internet), Guy Roux l’entraîneur emblématique de l’AJ Auxerre, ce dernier répondait à la question suivante :

« Que vous inspire l’affaire Benzema ? »

Sa réponse était sans équivoque :

« Je suis un homme du peuple. Depuis toujours, je vais boire un coup deux soirs par semaine dans un bistro ouvrier d’Auxerre. J’écoute. Beaucoup de « Gaulois » sont racistes, c’est une certitude. Le jour où on a écarté Benzema des Bleus, un sondage montrait que 70 % de Français ne voulaient pas de lui. Mais ces sondeurs ne vont pas dans les quartiers… Cela fait huit ans que Benzema est au Real Madrid, tout le monde s’accorde à dire qu’il est sensationnel. Alors, on lui reproche de ne pas chanter La Marseillaise… Je ne l’aurais pas chanté non plus, parce que je chante très faux. »

Personnellement je pense que l’affaire de la sextape est une fausse excuse pour écarter Karim Benzema. Et vous qu’en pensez-vous ?

Pour celles et ceux qui ne le sauraient pas, Karim Benzema a encore remporté la ligue des champions hier…

A méditer !!!!

AJ

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Categories: Société

Les faits avant tout :

Après la polémique dans un lycée de Valence pour une jupe jugée trop courte, ce sont les jeans troués qui posent soucis à la direction du lycée professionnel Sainte Croix Sainte Euverte à Orléans. On en est même arrivé au point où le personnel attendait à l’entrée de l’établissement, armé de scotch marron, les lycéen(e)s qui n’avait pas une « tenue décente ». Ils ne visaient que les lycéen(e)s. En effet, les étudiants en formation professionnel ont eu le droit de passer sans encombre. La preuve étant qu’un ami, âgé d’une trentaine d’année, est entré en bermuda et tongue… J’aurais été curieux de voir sa réaction si on lui avait scotché ses pieds !

Bien qu’établissement privé, est-ce une raison pour se soustraire à l’un des grands principes de notre république qu’est la liberté ? Une jupe trop courte ou un jean troué déconcentrerait-il certain(e)s enseignant(e)s ? En quoi cela gênerait-il le bon déroulement de la journée ?

Un lycée qui, dès 8h, humilient certain(e)s lycéen(ne)s !

Lorsque j’ai pu constater les faits, une cinquantaine d’adolescents étaient présents, et se sont mis à rire. Comment le leur reprocher ? Se faire scotcher les trous de son jean peut être drôle vu de l’extérieur, mais humiliant pour la personne visée. J’ai pu lire dans le journal que le principal adjoint voulait « L’opération marquante ». Il s’agit donc bien d’en ensemble d’action réfléchies, anticipées (l’été arrivant, le personnel pédagogique est passé dans les classes pour refaire un point sur la « tenue adaptée au lycée ») qui avait pour finalité la sanction, l’humiliation si on n’adhérait pas à cette « opération ».

Liberté, liberté, où es-tu ?

Tout cela pose plus largement la question de liberté, de liberté d’expression, de choix individuel. En poussant le bouchon un peu loin, on pourrait imaginer que le lycée pourrait définir un « élève idéal », avec une tenue vestimentaire commune à toutes et à tous, ou encore une coupe et couleur de cheveux bien précise. Est-ce plus approprié d’avoir sur les épaules un costume et une cravate alors qu’il fait 35 degrés dehors et pas moins dans les salles !

Laissez les gens s’habiller comme ils le souhaitent !!! On sait que certains établissements font attention à leur image, mais tout de même !!! Je dirais même que la tenue vestimentaire gêne plus les adultes que les étudiants. Dans une période de la vie ou l’adolescent se cherche, l’embrigader en lui interdisant de s’habiller comme il le souhaite l’empêche d’évoluer et de se développer à son rythme, en fonction de son Histoire, sa culture, ses valeurs…
Finalement, nous sommes face à une discrimination malheureusement trop présente aujourd’hui, et à cause d’opération comme celle-ci, le lycée favorise voir incite à cette discrimination !! Dois-je rappeler qu’il y a encore quelques années, les femmes n’avaient, au regard de la loi, pas le droit de porter de pantalon. Comment reprocher aux jeunes filles de porter des jupes ou des débardeurs par une telle chaleur ?
A l’inverse, certaines élèves d’autres établissements ont été menacées d’exclusion car elles portaient des jupes jugées trop longues, jugées ostentatoire. C’est au lycée de décider la manière dont les jeunes devraient s’habiller ?

Comment favoriser la discrimination vestimentaire dès le plus jeune âge

L’argument avancé par l’établissement de préparer les étudiants au monde professionnel ne tient pas. Pour commencer, en fonction du métier, la tenue ne sera pas la même. Faudrait-il que chaque étudiant(e) vienne au lycée avec la tenue professionnelle adéquate ? Quelle tenue correspond d’ailleurs à quel métier ? Celui qui n’a pas les moyens de s’acheter une fringue de marque a tout de même le droit de venir apprendre et de trouver un travail.
Ils sont en train de transformer les lycéens en mouton, en brisant toute volonté, tout sens critique. Dans le pays dit des Droits de l’Homme, nous sommes finalement en train de supprimer certains droits, et cela passe inaperçu si personne ne réagit.

Pour terminer, à ce jour, aucune mobilisation ou manifestation n’est prévue. En revanche, un grand nombre de réaction sur les réseaux sociaux montre que le lycée a dépassé les bornes !!

Et puis merde, laissez les jeunes se saper comme jamais !

M.B

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Categories: Société

Je suis arrivé sur le quartier de La Source en février 1995, et cela faisait un peu plus de six ans qu’Yves Bodard en était une figure emblématique.

Pour des raisons personnelles, c’est au regard de la trace laissée par mon propre parcours de vie que, un jour de fin d’année 1994, j’ai rencontré l’homme, le père un peu, qui allait me faire intégrer le monde de la rue par l’autre côté du miroir. Cet homme, c’était M. Legardeur, directeur du service de prévention spécialisée, qui avait accepté de répondre à une enquête que je devais mener dans le cadre de ma réorientation professionnelle.

J’avais 30 ans, je souhaitais travailler dans le social et M. Legardeur me proposa une embauche sur le service de la Source. Dorénavant, j’accompagnerai les autres sur le
chemin de leur vie, des vies cabossées parfois, mais avec toujours l’espoir d’un renouveau.

Parmi tous ces autres que j’ai appris à connaître, Yves Bodard, mon fidèle compagnon de route et plus sûrement de rue, m’entraînerait dans son sillage à la découverte de ce vaste quartier, dans les endroits parfois les plus chauds car disait-il :

« L’important, c’est d’aller à la rencontre des plus démunis, des plus touchés par l’exclusion, là sur leur territoire. Je me rappellerai toujours mes premiers pas d’éducateur sur le quartier de La Source. Alors que nous traversions Beauchamps pour nous diriger vers le centre Belassor qui abritait un petit centre commercial, nous fûmes interpellés par un attroupement anormalement important.

Yves, sans temps d’arrêt, fendit la foule. Je n’étais pas très rassuré et en m’avançant vers le cercle formé par cette chaîne humaine, je découvris avec stupeur deux jeunes adultes du quartier qui se faisaient face et dont l’un menaçait l’autre avec une arme à feu.

Spectateur abasourdi, à défaut d’être acteur dans ce jeu dramatique, j’ai eu l’impression tout à coup d’assister à un tour de magie que ce diable d’éducateur de rue avait sorti de son chapeau. Alors que les deux protagonistes étaient au bord de la rupture, Yves les fît sortir de leur rapport dangereusement aveugle en prenant à témoin tous ces enfants innocents qui assistaient à cette scène.
Comme par magie, cette allusion au monde de l’enfance, cet hors-la-bulle dans laquelle ils s’étaient enfermés, sembla les ramener à la raison et fit basculer la situation.

Je vis l’arme s’abaisser et Yves s’en saisir sans autre mot. Yves Bodard, mon fidèle compagnon de rue, venait de m’apprendre combien la parole peut aider à apaiser les situations les plus alarmantes et la violence des maux.

Il fallait être un peu fada pour s’exposer ainsi, mais il est des moments où parfois l’intuition est une bonne conseillère. Aujourd’hui le souvenir de cet éducateur de rue et celui de cette tranche de vie épique m’accompagnent encore et m’ont appris à mon tour à faire face aux situations les plus imprévues.

F R., éducateur de rue de 1995 à 1998

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En 2014 j’étais présente dans une salle du tribunal de grande instance de Blois, où j’avais assisté à des affaires qui m’avaient scotché…

La première prévenue est une femme d’une cinquantaine d’années, le visage ravagé par les larmes.
Elle est accusée de conduite en état d’ébriété (récidiviste) et d’homicide involontaire.
Après avoir consommé un taux excessif d’alcool, cette personne a conduit son véhicule avec pour passagère sa petite fille de six ans. Elle a renversé un cycliste, l’a trainé sur une trentaine de mètres avant d’être stoppée par un autre automobiliste. Le cycliste est décédé. Elle a été condamnée à six ans de prison.

Le second à être jugé ce jour là, est un jeune homme d’une vingtaine d’années, à la peau noire. Il est calme et ne semble pas impressionné par le tribunal.
Ce jeune à une très mauvaise habitude : ne possédant pas de voiture, il vole celles des autres mais ne les vandalise pas et les gare proprement après utilisation. Il est bien connu de la police pour ce fait.
Lors d’un contrôle de la gendarmerie, le jeune, au volant d’un véhicule volé panique et prend la fuite. Quelque peu malmené durant son arrestation, il gifle un gendarme et lui casse ses lunettes. Le représentant des forces de l’ordre n’a pas été blessé. Verdict : quatre ans ferme.

Le dernier cas auquel je me suis intéressée est un homme d’une cinquantaine d’années également. Rien ne transparaît sur son visage, aucune émotion.
Il comparaît pour agressions sexuelles sur deux mineures de moins de quinze ans. La plus jeune avait cinq ans au moment des faits, la plainte ayant été déposée en 2013. Les deux filles sont des membres de sa famille.

Au début, l’accusé nie les faits et affirme que les enfants mentent. Acculé, il finit par admettre qu’il s’est peut-être montré un peu tactile mais sans intention déplacée. Un gendarme spécialiste des agressions sexuelles sur enfants ayant entendu la plus jeune des victimes à certifié que son témoignage était vrai. Expertise corroborée par une psychiatre, spécialisée elle aussi dans ce genre d’affaires. Elle avait consulté les deux victimes.

L’homme ne sera soumis qu’à une obligation de soins et devra payer 1800€ de dédommagement pour chaque victime.

Pourtant,en 2011, ce même homme comparaissait dans le même tribunal pour les mêmes faits, sur une fillette de dix ans. Cela s’était produit en 2010. Il avait été condamné à un an de prison avec sursis, un dédommagement à la victime et une obligation de soins.

Ici, la peine de prison avec sursis n’est pas remise en cause car elle a été prononcée lors d’un précédent procès soit, mais les accusations portées lors du procès de 2014 sont antérieures à celles du procès de 2011.

On peut dire que ce prédateur sexuel s’en est sorti les mains dans les poches.

Une femme a retiré la vie à un homme et elle n’a écopé que de deux ans de plus qu’un jeune voleur de voitures à la main un peu trop leste (c’est vrai, il avait aussi cassé les lunettes d’un gendarme…).

Ainsi, fonctionne la justice de notre pays !

Moi, je ne la comprends pas, et vous ?

JEF.

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