Home/Juridique/AINSI FONCTIONNE LA JUSTICE !

En 2014 j’étais présente dans une salle du tribunal de grande instance de Blois, où j’avais assisté à des affaires qui m’avaient scotché…

La première prévenue est une femme d’une cinquantaine d’années, le visage ravagé par les larmes.
Elle est accusée de conduite en état d’ébriété (récidiviste) et d’homicide involontaire.
Après avoir consommé un taux excessif d’alcool, cette personne a conduit son véhicule avec pour passagère sa petite fille de six ans. Elle a renversé un cycliste, l’a trainé sur une trentaine de mètres avant d’être stoppée par un autre automobiliste. Le cycliste est décédé. Elle a été condamnée à six ans de prison.

Le second à être jugé ce jour là, est un jeune homme d’une vingtaine d’années, à la peau noire. Il est calme et ne semble pas impressionné par le tribunal.
Ce jeune à une très mauvaise habitude : ne possédant pas de voiture, il vole celles des autres mais ne les vandalise pas et les gare proprement après utilisation. Il est bien connu de la police pour ce fait.
Lors d’un contrôle de la gendarmerie, le jeune, au volant d’un véhicule volé panique et prend la fuite. Quelque peu malmené durant son arrestation, il gifle un gendarme et lui casse ses lunettes. Le représentant des forces de l’ordre n’a pas été blessé. Verdict : quatre ans ferme.

Le dernier cas auquel je me suis intéressée est un homme d’une cinquantaine d’années également. Rien ne transparaît sur son visage, aucune émotion.
Il comparaît pour agressions sexuelles sur deux mineures de moins de quinze ans. La plus jeune avait cinq ans au moment des faits, la plainte ayant été déposée en 2013. Les deux filles sont des membres de sa famille.

Au début, l’accusé nie les faits et affirme que les enfants mentent. Acculé, il finit par admettre qu’il s’est peut-être montré un peu tactile mais sans intention déplacée. Un gendarme spécialiste des agressions sexuelles sur enfants ayant entendu la plus jeune des victimes à certifié que son témoignage était vrai. Expertise corroborée par une psychiatre, spécialisée elle aussi dans ce genre d’affaires. Elle avait consulté les deux victimes.

L’homme ne sera soumis qu’à une obligation de soins et devra payer 1800€ de dédommagement pour chaque victime.

Pourtant,en 2011, ce même homme comparaissait dans le même tribunal pour les mêmes faits, sur une fillette de dix ans. Cela s’était produit en 2010. Il avait été condamné à un an de prison avec sursis, un dédommagement à la victime et une obligation de soins.

Ici, la peine de prison avec sursis n’est pas remise en cause car elle a été prononcée lors d’un précédent procès soit, mais les accusations portées lors du procès de 2014 sont antérieures à celles du procès de 2011.

On peut dire que ce prédateur sexuel s’en est sorti les mains dans les poches.

Une femme a retiré la vie à un homme et elle n’a écopé que de deux ans de plus qu’un jeune voleur de voitures à la main un peu trop leste (c’est vrai, il avait aussi cassé les lunettes d’un gendarme…).

Ainsi, fonctionne la justice de notre pays !

Moi, je ne la comprends pas, et vous ?

JEF.

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