Fantassin aux mains nues

Educateur de rue, fantassin aux mains nues, j’ai arpenté le bitume,
squatter les hall d’immeubles, tisser du lien dans les cages d’escalier
Avec la parole comme seule arme, j’ai semé des bouts de moi-même là où d’autres distribuent du mépris et des coups de matraques
J’ai écouté les souffrances étouffées de la rue, j’ai apprivoisé les sauvageons, j’ai le respect des Raclos et les chibanis me saluent la main sur le cœur. Adopté !

Eux ne sont pas amnésiques, ils n’ont pas oublié ce tisseur de lien sur pattes qui trainait sa carcasse dans les rues du quartier
Educateur de rue, fantassins aux mains nues, les élus ont eu ta peau.

Ils ont mis des caméras pour remplacer l’humain…. Jeunesse sous surveillance, jeunesse stigmatisée
J’ai mis des mots sur des maux,
j’ai aussi, éponge essorée du social, absorber les colères et les douleurs muettes.

J’ai souvent hurlé ma rage devant tant d‘injustice sous le regard rougi et protecteur de celle qui partage ma vie et qui recollait patiemment les morceaux du puzzle éparpillé d’un éduc pas comme les autres

Educateur de rue fantassin aux mains, les élus ont eu ta peau
Ils ont mis des caméras pour remplacer l’humain. Jeunesse sous surveillance, jeunesse stigmatisée

Le quartier de la Source qui m’a fait naitre éducateur restera à jamais dans mon cœur. J’y ai même rencontré c’était au siècle dernier, le douanier Rousseau, Paco de la Javapop qui tapaient le ballon avec ses potes et son frérot au milieu des immeubles et semaient des éclats de rires dans les brisures de la vie
C’était en 1988, j’avais 23 ans et Ange qui nous rassemble ici poussait son premier cri « slamé ». Quelle précocité
Je voulais rendre hommage à ces deux belles personnes Ange et Paco pour nous avoir ouvert les oreilles de leur cœur.

Hommes généreux en mots et en paroles, en Mojito (Un texte posé /Un verre avalé) aussi, vous avez su rassembler donner une âme poétique à ce lieu de musique

Il restera des souvenirs, des images, des émotions et des belles rencontres…Merci Ange, tu peux t’envoler vers d’autres cieux, tu as gagné tes ailes
Toi Paco..sache que rabane , Paco rabane ne t’arrive pas à la cheville et que Paco Tille est vraiment tout petit.

Et même si tu n’es pas toujours rigolo, Paco mique dans mon cœur tu resteras toujours un mec…Paco….me les autres !!

Merciiiiiiiii !

Yves Bodard

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NOS DOIGTS ENTRELACÉS,

Tu étais la caresse apaisante
Sur mes douleurs cuisantes.
J’étais les yeux qui te guidaient
Quand l’obscurité s’intensifiait.
Nos doigts s’entrelaçaient
Pour nous soulager du passé.
Ta main protectrice sur mon épaule,
Je faisais de même. C’était notre rôle.

Quand l’une débutait une phrase, l’autre la terminait.
Il nous suffisait de nous regarder,
Nous n’avions pas besoin de parler.

Nous avions aussi nos désaccords
Mais la force de nos sentiments redressait les torts.
Tu étais une moitié esseulée.
J’étais un demi isolé.
À nous deux, nous étions une complémentarité, une totalité, une unité.

Mais l’amour-passion est arrivé,
Débarquant avec lui, complexité et complications.
Brulante était la flamme de l’amour-passion.
Brulante était la flamme de l’amitié-fusion.
Autant de sentiments violents
Ne peuvent cohabiter ensemble sans débordements.

Fatiguée de batailler pour trouver ma place.
J’étais vidée, déçue et lasse
Je me suis éloignée tout doucement,
Essayant de t’oublier dans le ventre du néant.

Le malheur nous ayant de nouveau frappées,
J’ai su immédiatement qu’il était temps de tout effacer, de tout oublier.
Temps de tout recommencer…

J’ai su que mes yeux étaient là
Pour guider tes pas.
J’ai su que tes caresses étaient là pour apaiser mes douleurs.
J’ai su que nos doigts entrelacés
Étaient là pour nous soulager du passé.
J’ai su que cette fois, c’était à jamais.

JEF

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TU NE PEUX OUBLIER...

Tu ne peux oublier son visage émacié
Elle, qui d’un simple sourire te faisait vaciller.
Tu ne peux oublier son corps décharné
C’est pourtant ses formes voluptueuses qui t’avaient charmé.
Tu ne peux oublier sa maigre main tendue vers toi,
Cherchant à caresser ta joue une dernière fois.
Tu ne peux oublier son désarroi
Quand tu l’as embrassée pour la dernière fois.

Tu ne peux oublier qu’elle s’endormait dans la chaleur de tes bras
Vos corps entremêlés dans des draps de soie.
Elle s’est éteinte dans la froideur de l’hiver
À jamais figée dans la solitude de son suaire.

Elle était ton soleil, ta lumière, ta reine.
Sans elle, tu n’es plus qu’une âme en peine.
Sur toi, souffle le blizzard de l’incertitude.
Vivre sans elle est pour toi, une réelle inaptitude.
Continuer ta route, expurgé de ses sentiments
Pour toi, cela dépasse l’entendement.

De vie, tu n’as plus la moindre étincelle.
Des envies de plomb dans la cervelle.
Ton bel Amour, la mort te l’a volé
Avec elle, ta raison de vivre s’est envolée.

Tu ne peux oublier qu’ensemble vous étiez heureux.
Tu ne peux oublier qu’ensemble, vous avez embrassé les Cieux.

JEF

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J'AIME QUAND...

J’aime le bruit de la pluie sur les toits
Quand dans ton sommeil, je veille sur toi.
J’aime nos moments de complicité
Quand nous formons une seule unité.
J’aime l’insouciance de nos fous rires
Quand nous partons dans nos propres délires.

J’aime te voir t’enfermer dans ta solitude
Quand plus rien ne compte, absorbée par tes études.
J’aime la simplicité d’une discussion
Quand elle fait naître en toi une profonde réflexion.
J’aime ton déchaînement de passion
Quand on piétine tes intimes convictions.

J’aime aussi mes moments de faiblesse
Quand dans ton regard, se lit une profonde tristesse.
J’aime voir ton beau visage radieux
Quand la douceur de ton sourire illumine nos yeux.
J’aime ressentir la plénitude de tes émotions
Quand sur toi, ton neveu reporte toute son attention.
J’aime ta compréhension et ta bienveillance
Quand sur ta famille planent douleurs et souffrances.

J’aime savoir être là plus comblée des mamans
Quand je sais que je suis la mère d’une merveilleuse enfant.

JEF

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LE BOUT DU TUNNEL,

Une belle journée d’été,
Une nouvelle dispute a éclaté.
Derrière lui, il a claqué la porte.
Il s’est enfuit comme un cloporte.

Si son grand Amour n’est plus,
Elle non plus, n’existe plus.
Son fils lui tend les bras.
Elle doit se battre pour ça.

Sur elle, veillent ses sentinelles
Mais le cloporte, de nouveau la rappelle.
Elle croit en cet amour fou.
Elle croit en cet amour de fou.

Le cloporte est encore parti,
La laissant brisée et sans vie.
Où est t’il le bout du tunnel ?
Quand nous reviendra-t-elle ?
Son fils la nourrit de son amour inconditionnel
Et sur elle, veillent ses sentinelles.

Chaque jour est un combat, une lutte
Et même s’il y’a quelques petites rechutes,
Elle revient à la vie à petits pas.
Bientôt de son cocon, elle sortira.
Bientôt, le bout du tunnel, elle reverra.
Bientôt, la lumière, de nouveau l’éclairera.

JEF

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