Home/Société/Le rôle de l’école en France

Contrairement aux croyances populaires qui voudraient que Charlemagne ait inventé l’école, dès la plus haute antiquité, il y a eu des écoles publiques annexées aux sanctuaires.

Néanmoins, Charlemagne a permis de « mettre ensemble » les enfants des pauvres et des riches.

Du Moyen Age au milieu du 19ème siècle, l’Eglise joue un rôle primordial et l’instruction religieuse est adjointe à la scolarité.
Ce n’est qu’en 1870, que Jules Ferry alors ministre de l’instruction publique transforme l’instruction en éducation.

Il veut que l’école soit accessible et imposée à tous les enfants et propose des lois fondamentales.

L’école sera gratuite et obligatoire (6-13 ans), mais aussi laïque.

La loi du 28 Mars 1882 retire aux autorités religieuses le droit de contrôle et l’enseignement religieux sera dispensé en dehors des classes.

Aujourd’hui, nous pourrions évoquer deux missions administrées à l’école :

La première, de transmettre à tous les enfants du pays, quelles que soient leurs différences, un patrimoine culturel, linguistique et les « clés » de la construction d’un savoir qui permet de parvenir à un socle de connaissance dans différents domaines.

La seconde, est de dégager une catégorie d’élite amenée à contribuer au bon développement de la société(*)
*Accompagner la scolarité des enfants, Actes Sud Junior Education p 21, Castellani Gérard

L’école se doit d’assurer la transmission d’une certaine culture, de préparer la vie professionnelle et citoyenne des jeunes.

Le système d’enseignement français est fondé sur de grands principes, certains inspirés de la Révolution de 1789, de lois votées entre 1881 et 1889 et sous les IVe et Ve Républiques ainsi que de la Constitution du 4 octobre 1958 : « l’organisation de l’enseignement public obligatoire gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’État « .

Jules Ferry

À l’origine, la scolarisation était obligatoire jusqu’à l’âge de 13 ans, puis 14 ans à partir de la loi du 9 août 1936. Depuis l’ordonnance n°59-45 du 6 janvier 1959, elle a été prolongée jusqu’à l’âge de 16 ans révolus.

Au-delà de cette obligation scolaire, les grands principes sur lesquels l’école repose : liberté de l’enseignement, gratuité, neutralité, laïcité.

L’école représente un lieu de socialisation. Elle est censée inculquer d’autres valeurs, d’autres normes, non pas en opposition avec celles de la famille mais en complément. On y apprend les règles du savoir-vivre, les savoirs de base (lire, écrire, compter) et des savoirs plus « savants ».

L’école transmet ce que les familles ne peuvent pas toujours transmettre mais ne la remplace en termes de valeurs morales.

Par le savoir et la connaissance, l’individu pourra penser par lui-même, devenir rationnel et acquérir un esprit critique.

L’école a pour but de former des citoyens autonomes. Telle est l’utopie recherchée de l’Ecole Républicaine.

Dans les faits, les constats permettent de dégager l’hypothèse que l’école ne joue plus son rôle intégrateur.

Chez les enfants de milieu favorisé, la culture transmise par la famille est en totale complémentarité avec la culture transmise par l’école. Il y a un effet de synergie, les parents étant investis dans les instances de représentations par exemple.

Le discours entendu à l’école rejoint le discours familial, les valeurs étant les mêmes.

Chez les enfants de milieu défavorisé, les normes et les valeurs véhiculées par l’école sont parfois différentes de celles inculquées par la famille et l’enfant est confronté à un phénomène d’acculturation.

Certains parents méconnaissent le fonctionnement du système scolaire et connaissent des difficultés à mettre en place une stratégie de réussite pour leurs enfants.

L’échec scolaire devient plus fréquent. Chaque année, des dizaines de milliers de jeunes quittent l’école sans diplômes, ni formation.

Le rôle intégrateur de l’école s’est donc effrité, et elle devient alors un facteur d’exclusion.

Dans une société de compétition où les acteurs sont inégaux au départ, comment parler d’égalité des chances ?

Tous les enfants n’ont pas accès à la « même » école en fonction du contexte sociale dans lequel ils grandissent.

Baptiste Bodard (dans le cadre de sa formation éducateur spécialisé juin 2017)

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