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Suite à l’exposé de la municipalité d’Orléans sur la baisse de la délinquance au conseil municipal tous les ans en début d’année et le refus du débat contradictoire que je propose aux élus (………Pour connaitre les chiffres au niveau national, je peux affirmer que la proportion d’affaires dans lesquelles les violences ont donné lieu à des ITT (Incapacité Temporaire de Travail) a baissé et le nombre de jours d’ITT accordés a également baissé.)

2ème partie:

Pourquoi dissimuler ces chiffres?

Parce que nous sommes dans un management de la sécurité et les données recueillies reflètent non pas l’état de la délinquance mais les divers arrangements trouvés par les fonctionnaires pour rendre aux décideurs les chiffres qu’ils attendent.

Voilà comment on finit par répondre à une commande politique.

L’augmentation « des atteintes aux personnes » dans les statistiques provient de la judiciarisation nouvelle de problèmes anciens dont les violences juvéniles et surtout les violences conjugales.

Affirmer que les atteintes de faits de violence ont baissé sur Orléans signifierait que les femmes victimes de violence seraient moins nombreuses sur Orléans ou moins « reçues » dans leur statut de victime et pour le coup ce serait un sacré camouflet pour un élu à la sécurité qui serait incapable d’assurer la sécurité des femmes victimes de violence sur son territoire.

Voilà aussi ce que l’on peut faire dire aux chiffres!

On bombe moins le torse, Monsieur l’élu!

Derrière la manipulation de chiffres destinées à la communication, il faut dénoncer la supercherie d’élus locaux qui officiellement présentent un bilan chiffré et comptable dès le début de leur mandature « municipale en 2001 alors que ces mêmes nouveaux élus n’avaient pas encore déballé leur carton. Champions, les gars!

Le trafic de stupéfiant est un sujet sensible et que je vais aborder de façon très décomplexée. Ma démonstration portera sur la consommation et la vente de Cannabis qui au regard de la loi reste un délit donc un acte délinquant punissable.

Lorsque j’étais éducateur de rue, entre 1988 et 1996, la vente et la consommation de cannabis se déroulaient dans la discrétion et dans la sphère privée. Aujourd’hui, partout à Orléans et pas seulement sur les quartiers que l’on diabolise, la consommation et la vente de cannabis, souvent à « la sauvette » a envahi l’espace public créant pour le coup un vrai sentiment d’insécurité.
Promenez-vous en ville et au coin de la rue, on vous proposera une boulette de shit.

Le débat que je pose, ne portera pas sur la dépénalisation ou non du cannabis. Je ne consomme pas et je ferai don de mon urine pour en attester et en tant qu’éducateur, le rapport à la loi reste malgré tout, une façon de se positionner.
Chaque consommateur d’héro a d’abord commencé par un joint et je connais la réponse que chaque fumeur de joint ne tombe pas dans le produit qui tue!

La vente de cannabis se déroule-t-elle dans l’espace public? OUI et la loi républicaine doit-elle passer ou s’en accommoder ?

Elle fait le choix de s’en accommoder car si l’acte de vendre du cannabis et d’en consommer pour soi est un acte délinquant et retenu comme tel par ceux-là même qui nous agitent des chiffres et des courbes sous le nez, on devrait assister à une multiplication au carré du carré du carré du chiffre de cette délinquance.

Si demain Messieurs Montillot puis Geffroy à Orléans et Hortefeux, Valls, Colomb pour actualiser mon propos sur le plan national décident comme ils savent le dire lorsqu’ils sont en campagne, à engager une lutte sans merci, sur chaque centimètre du territoire de la république……. aux vendeurs de Cannabis les désignant comme délinquants…..vous imaginez aisément que les tribunaux seraient engorgés et le taux d’élucidation, le flagrant délit du petit revendeur de Shit (seulement sur les quartiers car ailleurs c’est « autorisé ») viendraient grossir les statistiques de Messieurs Montillot/Geffroy sur Orléans alors que les gros dealers, les voyous en col blanc continuent à prospérer en toute impunité.

D’ailleurs, qui porte plainte contre cette dernière catégorie de délinquants ? Personne.
Participent ils au sentiment d’insécurité qui pourrit le quotidien, envahissent-ils l’espace public ? Non et pourtant ils empoisonnent notre existence et nos enfants, non?

Qui sont les vrais invisibles?

Alors Monsieur Geffroy, un petit arrêté anti-joint ? Chiche

Yves Bodard

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