Home/Ma ville/Discrimination à l’USO ?

Généralement lorsque le mot « discrimination » est employé, de nombreuses personnes l’assimilent directement à l’origine, le sexe ou avec ce qui se passe en ce moment à la religion.

Pour celles et ceux qui n’en connaitraient pas la définition, voilà ce que ce qu’il signifie :

D’après l’article 225-1 du code pénal, constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques sur le fondement de leur origine, de leur sexe, de leur situation de famille, de leur grossesse, de leur apparence physique, de la particulière vulnérabilité résultant de leur situation économique, apparente ou connue de son auteur, de leur patronyme, de leur lieu de résidence, de leur état de santé, de leur perte d’autonomie, de leur handicap, de leurs caractéristiques génétiques, de leurs mœurs, de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre, de leur âge, de leurs opinions politiques, de leurs activités syndicales, de leur capacité à s’exprimer dans une langue autre que le français, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une Nation, une prétendue race ou une religion déterminée.

Maintenant que nous en avons la définition, intéressons nous à ce que risquent les protagonistes…

Si les plaintes aboutissaient et si la loi était respectée, il y aurait beaucoup moins de discrimination car en théorie elle est punie de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

Il suffit de « taper » dans le porte monnaie des gens pour que ces derniers changent de comportement.

Pour cet article, nous allons nous focaliser sur le critère du lieu de résidence.
Passionné par le monde du foot, je m’intéresse de près aux différents championnats : Ligue 1, Liga, Bundesliga, Premier League, Série A…).

Je ne m’étais jamais intéressé à la ligue 2 avant d’être contacté par une personne qui suit de près le club de l’USO.

Cette personne que nous appellerons Michel (*le prénom a été changé), nous a fait part de son grand étonnement quant à la politique de ce club concernant les joueurs natifs de la ville, du département ou de la région.

Il ne comprend pas pourquoi certains joueurs très talentueux ne se voient pas proposer de contrats professionnels au sein du club.
Rappelons que l’USO (l’Union Sportive Orléans Loiret football) est un club situé à ORLEANS dans le département du LOIRET en région CENTRE VAL DE LOIRE.

Le club est présidé par Monsieur Philippe Boutron et l’équipe première est entraînée par Monsieur Didier Ollé-Nicolle.

Nous nous sommes donc penchés sur l’étonnement de Michel et nous avons décidé de mener notre petite enquête.

Nous avons été plus que surpris de constater qu’à part Thomas Renault qui est la « légende » du club, aucun orléanais ou quelqu’un natif du département ou de la région n’évolue dans l’effectif professionnel.

D’après les dires de nombreux supporters, certains de l’équipe réserve, natifs du coin, possèdent toutes les qualités pour évoluer en équipe première et obtenir un contrat professionnel.

Prenons l’exemple de la saison 2016/2017 :

Monsieur Yannick Chevalier qui habite le département et qui joue en réserve a marqué 25 buts. C’est énorme !

Prenons comme autre exemple celui de son capitaine Monsieur Jean François Opa : Sur la même saison il a marqué 10 buts et offert plus de 10 passes décisives.

Bien que le football soit un sport collectif qui se joue à 11, on peut aisément dire qu’à eux deux ils ont fait monter l’équipe réserve en N3.

Malgré les bons éléments sur place, l’USO va chercher des joueurs hors de la région pour leur faire signer des contrats pro. Pourquoi ?! Où est la logique ?!

Il faut savoir que ceux qui évoluent en réserve, se « battent » tous les jours pour passer professionnels. Malheureusement pour eux, tout le travail et tous les sacrifices qu’ils font ne paient pas. Bien que des promesses leurs soient faites par le club, ces derniers ne sont jamais récompensés.

Pourquoi leur faire miroiter des choses sachant pertinemment qu’ils n’en feront rien ?

Nous sommes allés sur le terrain à la rencontre de certains spectateurs pour avoir leurs avis sur « la mentalité » du club :

Pour Fabien 44 ans : « Le club ne fera jamais jouer des petits beurs ou des petits blacks de la ville en pro ».

Mamadou 36 ans : « Beaucoup de talents sont passés par l’USO et comme ils ont vus qu’ils n’allaient rien « gratter », y’en a qui ont préféré partir plutôt que de rester et de ne rien espérer. Pour ceux qui sont restés ils ont arrêté de se donner à fond que ce soit aux entrainements ou aux matchs. L’USO a dans le passé donné des chances aux jeunes des quartiers en les faisant jouer en 1ère, mais depuis qu’ils sont devenus pro, non ».

Pourquoi ne pas faire jouer en première ceux qui le méritent ?

Pour Yves, un connaisseur du foot, c’est juste une question de niveau :

« Le club est remonté avec des joueurs du coin et mon fils y a participé mais après pour passer pro et te maintenir en ligue 2, il faut aller chercher des joueurs ailleurs car ce niveau est trop haut pour ceux de la réserve ».

Nous avons contacté Monsieur Pascal Perron entraineur de l’équipe réserve pour avoir plus de renseignements mais ce dernier n’a pas décroché. Nous lui avons donc laissé un message vocal espérant qu’il nous rappelle mais à notre grande surprise c’est le directeur sportif Monsieur Anthar Yahia qui nous a rappelé.

Pour celles et ceux qui ne le connaitrait pas, Monsieur Anthar a été un footballeur professionnel qui a évolué dans de nombreux clubs dont l’USO, et a à son actif 54 sélections avec l’équipe nationale d’Algérie.

Ce dernier était étonné de notre message vocal que Monsieur Perron lui avait fait écouter et souhaitait en savoir plus.

Nous lui avons donc fait part de notre étonnement quant à la composition de l’équipe première et là sur un air hautain il nous a dit qu’il y avait une nouvelle équipe dirigeante depuis janvier et que cette dernière se basait uniquement sur le niveau footballistique des joueurs.

Lorsque nous lui rappelons le nombre de buts qu’a marqué Monsieur Chevalier la saison précédente, il nous répond que ce dernier a 30 ans…

Rappelons-lui que l’âge aussi est un critère discriminatoire…

Vu qu’il était pressé, il nous a dit que nous manquions de professionnalisme et que si nous souhaitions continuer l’entretien, il fallait le rencontrer. Nous l’avons donc rappelé pour obtenir un rendez-vous et nous sommes tombés sur sa messagerie…

Cela fait plusieurs semaines que nous attendons et à ce jour, il ne nous a toujours pas contactés…

Concernant sa petite remarque sur notre « manque de professionnalisme », il faut savoir qu’à lachute.fr il n’y a pas de professionnels mais des personnes motivées et intègres qui travaillent leurs sujets à fond, sans censure et plus important encore, elles ne sont à la solde de personne, n’en déplaisent à celles et ceux qui l’habitude de se faire encenser… !

Pour en revenir aux personnes qui viennent au stade, pour Damien 49 ans :

« Entre un joueur prometteur du coin et un joueur de l’extérieur, c’est normal de favoriser le joueur de l’extérieur car ça fait plus pro de dire qu’on a ramené untel de tel endroit plutôt que de prendre un mino du coin ».

Mohamed 28 ans reconnait que cette pratique est honteuse même si elle n’est pas spécifique à l’USO.

Pourquoi ne pas donner sa chance aux jeunes de la ville ou de la région ?

Thomas Basila est passé par l’USO, aujourd’hui âgé de 18 ans, il a signé cette année son premier contrat professionnel avec son club formateur à savoir le FC Nantes qui évolue en ligue 1.

Cette année aussi, Jonathan N’Sonde, 21 ans, a lui aussi signé son premier contrat professionnel avec le FC Nantes qui est aussi son club formateur. Et devinez par quel club il est aussi passé… ? L’USO….

Admettons que ces deux joueurs soient restés à l’USO, auraient-ils eu le privilège de jouer en ligue 2 ?

La question qui nous vient de suite est : Faut-il quitter Orléans pour devenir professionnel ?

Messieurs les dirigeants, ouvrez les yeux et arrêtez d’aller chercher ailleurs quand vous avez du « beau monde » à la maison !
Vous disposez de talents et vous osez vous en priver.

Nous avons contacté Charly Taha, un ancien joueur du club pour avoir son avis sur la question et sa réponse est sans équivoque.

Ce dernier qui avait un talent certain pour le football nous a confirmé que l’USO ne donnait « pas de chances aux joueurs du coin préférant miser sur les footballeurs venant d’ailleurs ».

Lorsqu’on lui demande pourquoi, il répond : « Je n’ai jamais compris pourquoi le club négligeait les joueurs locaux ».
Il continue en disant : « Tu peux être meilleur et plus talentueux que ceux de la première, les coachs ne miseront pas sur toi. Tu leur sers juste de bouche trou et dès qu’ils n’ont plus besoin de toi ils te disent au revoir ».

Pour info, voilà quelques exemples de clubs qu’il a côtoyé :
L’USO en 13 ans DH
FCO en 14 ans fédéraux
L’IFR de Châteauroux (génération 92)
Centre de formation de Sedan en 15 ans DH
L’USO en 16 ans Nationaux
Tours FC en 18 ans DH puis en CFA2
Retour à l’USO en équipe réserve en DH

Pour ma part, je sais depuis longtemps que pour être professionnel il faut certes du talent mais les ingrédients principaux sont la chance et le piston… Et comme malheureusement tout le monde n’a pas la chance d’avoir un papa ou une maman qui connait untel ou untel…

Pour finir, certaines personnes qui ont l’habitude d’aller au stade de la Source nous ont dit qu’il y avait des supporters qui feraient le salut nazi dans les tribunes de l’USO.

Qu’en est-il vraiment ?

Nous mènerons une autre enquête et nous nous pencherons sur ce sujet lors d’un prochain article.
Nous nous tenons prêts à rencontrer les dirigeants du club pour avoir leurs réponses…

AJ

5 thoughts on “Discrimination à l’USO ?

  • Des sujets délicats car c’est très difficile de mettre en lumière formellement une discrimination. Bravo à vous de creuser le sujet!

    En dehors même de la discrimination ils devraient privilégier les locaux!

    « Nous avons été plus que surpris de constater qu’à part Thomas Renault qui est la « légende » du club, aucun orléanais ou quelqu’un natif du département ou de la région n’évolue dans l’effectif professionnel. »
    C’est vraiment lamentable. comment se reconnaître dans une équipe qui ne représente en fin de comptes pas la ville!

    • Bonsoir Xavier, si les critères de l’uso sont objectifs (si les dirigeants se basent par rapport au niveau des joueurs), c’est normal de faire jouer les « meilleurs » pour gagner les rencontres et accéder à l’élite. Mais si leurs critères sont subjectifs (qu’ils fassent venir des joueurs extérieurs moins « bons » que les locaux) juste pour une image de pseudo prestige, alors là ça n’est pas normal du tout.

  • Je dirais tout simplement que c’est dommage pour les jeunes du club parce que cette politique, cette mentalité ne changera pas tant qu’il n’y aura pas un véritable formateur à la tête de l’équipe première. j’ai joué la bas durant plusieurs années .

  • Fx dit !

    Blabla ! Que du bla bla des mots et des maux ! Accepter la vérité, le sport reflète simplement le miroir de l’injustice et de l’impitoyabilité de notre monde.
    Ce monde fait de supportarisme !!!
    Et de causalité et bien oui !!! L’USO joue le jeux, forcément choisir une autre Stratégie ne leur serait pas possible IL FAUT GAGNER !
    Quitte à en laisser sur le tapis !!!

    « Choisir c’est renoncer »

    Disait l’autre !

    Fx a dit…

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