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Hé oui, ça y est, tout est redevenu comme avant.
Les quais de Loire ont repris leur routine et les bateaux ont quitté la Loire par la voie…. des routes !

Les écolos apprécieront !

Les mariniers un peu moins mais ce ne sont pas eux qui sont dans le collimateur mais les invités hors frontière … hors continent parfois !

Les personnes à mobilité, elles, restent toujours à quai et mon coup de gueule en pleine festivité pour dénoncer l’inaccessibilité aux personnes à mobilité réduite du fameux , couteux et emblématique festival de Loire a eu le don de réveiller quelques consciences mais aussi d’irriter quelques nantis de la caste boboïsée orléanaise qui marche sur ses deux guiboles.

Quelques élu(e)s faussement effarouchés, incapables de supporter la moindre critique, la moindre remise en question ont même essayé de me faire taire. En vain !

Voire mieux comme mon pote Alex Vagner qui s’y est essayé de…… me contrôler.
Contrôler l’incontrôlable, ils en rêvent !

Mais rien n’y fit, le Bodard en colère ne lâche pas l’affaire (C’est pour la rime !)

Et pourtant, il suffisait juste de prendre un fauteuil, surtout toi valide qui me lis et expérimenter le chemin de croix pour vérifier si l’égalité d’accès à toutes les manifestations proposées était réel et se conjuguait au même temps et au même mode.

Au « j’accède, tu accèdes, nous accédons » y compris sur les caillouteux quais de proximité , l’émoi de celui cloué dans son fauteuil, répond en écho, « je suis bloqués, nous sommes en rade ».

Le modèle de société inclusive dont les élus se gargarisent plus comme une forme d’empathie feinte que réelle pour la différence n’en reste qu’à l’état de Lois ….. et si on ne se donne pas les moyens d’appliquer les textes, rien ne changera ou si peu vite!

Je ne compte pas le nombre de témoignages, de personnes, d’accompagnateurs, y compris d’accompagnants du secteur médico-éducatif qui m’ont apporté leur témoignage, partager leur vécu, leur quotidien, leur soutien et m’ont remercié d’avoir pu à travers mon coup de gueule hurler leur colère et leur indignation.

Je fus leur porte-voix car leur parole, il suffit juste de tendre l’oreille et l’écouter !

Je n’ai pas besoin de la porter !

Les pavés de nos rues et de nos bords de Loire sont des pièges et des souffrances infligées aux personnes concernées et ils sont même une insulte faite à la différence et un mépris des plus fragiles.

Il n’est nullement question de dépaver nos rues car nos mots sont suffisants pour faire vivre nos revendications et un seul pavé lancé dans la mare des canards locaux alias « Duck » aura suffi à troubler l’eau pas très claire de La Loire du festival !

Il aurait pourtant juste suffit d’être bien conseillé et prévoir quelques aménagements !!
Rampes d’accès, tapis antidérapants etc… Et le tour était joué.

Certains ont même cru bon m’objecter qu’il y avait un stand dédié au « Handicap » (pas très accessible au demeurant) et même 20 fauteuils mis à disposition !!!

Wahou !

Quelle méconnaissance du sujet !

Comme si les personnes à mobilité réduites se déplaçaient sans leur moyen de locomotion !
Valide, toi qui qui me lis, c’est comme si on mettait à ta disposition une paire de jambes au cas où tu déplacerais sans les tiennes !!

Les fauteuils sont personnalisés, adaptés à chaque personne… Des équipes pluridisciplinaires, des ergothérapeutes, des « spécialistes » …. sont impliqués dans un projet d’équipement !

L’enjeu c’est la mobilité et l’autonomie !!

La réalité c’est que les pavés des bords de Loire ne permettent pas aux personnes à mobilité réduites et leur accompagnant de circuler à égalité… Basta !

Le reste c’est du pipeau !

Mon ami conteur alias Nabum le bonimenteur de Loire qui a tout fait pour gommer les différences et rendre cette journée « ensoleillée » pour les personnes présentant un handicap moteur et qui s’étaient déplacées pour assister à son spectacle, en a témoigné.

Je vous livre ses mots/maux.

(…..) En attendant, je tiens à revenir sur l’impensable expédition des pensionnaires de la Maison d’Accueil Spécialisé des Saulnaies qui ont découvert à leurs dépens combien accéder au ponton est une épreuve pour un handicapé. Ce fut un chemin de croix sur lequel je ne tiens pas à revenir.

Il conviendrait que très rapidement, une rampe d’accès soit installée au risque de faire passer ce festival pour un rassemblement réservé uniquement aux valides.

Les professionnels d’EVT ne sont pas en cause. Ils ont fourni toute l’aide nécessaire. C’est l’accès à la Loire qui est impossible à un fauteuil roulant. Dans la rampe d’accès au ponton, nous en avons même cassé un fauteuil avec son occupant dessus.

Cela aurait pu tourner au drame. Bien sûr, venir casser la grande congratulation générale n’est pas adroit mais comment taire ce qui est proprement inacceptable ?

Bonne Loire à tous les valides. Pour les autres, regardez-les à distance et sortez ne vous plaignez pas.
La fête est belle, ne venez pas la gâcher.

Franchement leur.

Si on ajoute à la mauvaise foi ou méconnaissance, je l’espère, de mes «rares» contradicteurs mettant en avant que les parkings souterrains à proximité du festival avaient été mis à disposition… A nouveau quel amateurisme !

Ignorer que les véhicules de transports adaptés ne sont pas calibrés (+1.80 mètre) pour accéder à ces fameux parkings…. ça fait désordre !

Là encore, il aurait juste suffit de faire des essais, de demander tout simplement conseils à celles et ceux qui savent, qui vivent, qui accompagnent ce quotidien « hors-norme » !!

Alors, j’ai fait appel à un arbitre dont on ne peut contester la légitimité et dont je respecte le choix de rester anonyme… Les grands arbitres n’aiment pas la lumière.

Je rappellerai aussi et ce sens je suis droit dans mes bottes, qu’il y a quelques mois, j’avais organisé dans le cadre des « Ateliers en mouvement de partages utopiques et éthique (Voir page FB) que j’essaie de faire vivre sans subvention et aucune aide et qui avait eu lieu pour l’occasion dans une des Maisons pour tous de Fleury les Aubrais une conférence sur la thématique de
« l’inclusion des personnes en situation de handicap » avec l’autorisation de Madame Linguet, maire de Fleury les Aubrais qui me soutient souvent dans mes prises de positions!

Voici ce que me répondit l’Arbitre en ces mots choisis et je l’en remercie :

« Sur le fond, tu as raison ; sur la forme c’est du Bodard comme on l’aime (…). Je suis sur le festival, et effectivement, c’est catastrophique.

A peine, la moitié du festival est accessible (…) et je vais sérieusement activer la question. » Ajoutant
«Globalement les personnes handicapées n’ont accès qu’aux restaurants et au canal ».

Je fais confiance au bougre qui lui aussi lâche rarement l’affaire pour faire échoooooo à mon cri de colère… partagé.

Comment pourrais-je terminer sans mettre à l’honneur la « zélée » maréchaussée municipale qui non satisfaite de faire « la chasse » aux plus pauvres avec son carnet à souche en guise d’arme…

Voyant au loin un individu uriner sur un parking avoisinant, caché par un autre individu « suspect », cette « brigade » avait brandi la menace du carton rouge, de la verbalisation malgré les explications de l’individu suspect en l’occurrence éducateur spécialisé de son état qui avait accompagné un monsieur présentant des lésions cérébrales irréversibles…..

Celui-ci avait manifesté son souhait de faire « pipi » pour éviter l’indignation de souiller son change.

Mais il faut croire que chez ces gens -là en costume, l’approche psychologique et l’empathie ne sont pas dispensées dans leur centre de formation.

Imaginez leur entêtement à lui demander sa carte d’identité et rappeler le cadre de la loi à une personne dont le cerveau est presque mort et dont les seuls mots qui arrivent encore à émerger c’est « pipi » pour demander à se soulager…
Cela ferait presque sourire s’il s’agissait d’une farce mais c’est tellement affligeant et pitoyable dans le cas présent.

Des passants s’approchant pour marquer leur indignation avaient fini par décourager l’entêtement des deux agents….. Il s’en était fallu de peu !

Gageons que le prochain festival de Loire, cette grande fête populaire qui a toute sa place dans la cité johannique soit à la hauteur de sa réputation et que l’inclusion sociale, ce grand pari sociétal ne soit plus un vain mot mais un espoir conjugué au présent et que l’égalité entre toutes et tous devienne le blason du festival et celui de la ville d’Orléans.

Merci pour elles et merci pour eux, nos différents et nos semblables !

Sans langue de bois

Yves Bodard

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