Home/Société/Un poison à la maison

Il y a énormément d’addictions qui ont des effets néfastes sur les personnes.

On parle d’addiction quand on ne peut plus se passer d’un produit ou d’une activité malgré son effet nuisible sur sa santé ou sa vie.

Le sujet que j’ai choisi de traiter est l’addiction de l’alcool et j’aborderai aussi l’alcoolisme passif…

A cause du Syndrome d’Alcoolisme Fœtal (SAF), ce sont malheureusement les bébés qui sont les premières victimes. En effet, certaines mères continuent de consommer de l’alcool pendant leur grossesse.

7000 enfants environs seraient concernés chaque année par les séquelles plus ou moins graves. C’est la première cause de handicap et de retard mental. (Source Internet).

Ce fléau qu’est la surconsommation d’alcool engendre malheureusement des dommages collatéraux comme des accidents de la route, des suicides, des homicides, des agressions, des viols, des maltraitances familiales, etc…

Si la personne alcoolique souffre, il faut savoir que son entourage aussi…
Et c’est de ce point précis que je vais vous parler grâce au témoignage d’Anne S, fille d’un alcoolique.

« Je me souviens vers l’âge de 10/12 ans j’ai cassé une bouteille de whisky neuve en ouvrant un placard. J’avais très peur de lui dire et j’avais aussi peur de sa réaction. Avec le recul je me dis que ce n’était déjà pas normal ».
L’alcoolisme commence par un verre entre amis puis tous les week-ends, on s’enivre, c’est la joie l’euphorie. Puis on boit seul, un apéro le soir puis le midi et le soir…

« A l’adolescence j’étais fière de dire à mes amis que mes parents savaient faire la fête et que l’alcool coulait à flot les weekends. Je trouvais ça cool. J’avais même bu mon premier verre à 14 ans avec eux ».
Très vite, Anne voit un changement de comportement. Son papa qu’elle voyait comme un super héros devenait irritable et colérique.

« La première phase c’est la bienveillance : On découvre qu’il a un problème. Ayant deux petites sœurs, j’avais décidé de leur en parler en leur disant: papa à un problème. Mais personne ne m’a cru.

Mon père était souvent énervé mais il retrouvait le sourire à 18h car c’était l’heure de l’apéro.

L’alcoolisme c’était déjà mis en place et commençait à produire des blessures, de la culpabilité et la prise de conscience des familles. Ma cadette avait réalisé le problème en voyant les bouteilles s’entasser dans le garage. Une bouteille de pastis tous les 3 jours ça en fait de la bouteille ! A partir de là mon seul but était de protéger mes sœurs.

La deuxième phase était très vite arrivée : essayer de contrôler l’incontrôlable… mettre moins d’alcool dans les verres, essayer d’en parler à des médecins, des spécialistes et à la personne alcoolique qui reste dans le déni. Ma mère était tout aussi aveugle. Elle trouvait le comportement de mon père normal et lui donnait des excuses. Pourtant les cris, les disputes et la peur de savoir ce que mon père allait dire ou faire étaient présentes à chaque verre. J’ai encore en tête les cris de peur de ma sœur et mon père en rage avec son poing près de mon visage… un enfer ».

Anne fini par quitter le domicile familiale mais reste très présente.

Malheureusement l’alcool continu ses ravages, et c’est le physique qui en pâtie : Son « beau papa » tremble, perd ses dents et commence à avoir du diabète signe d’un alcoolisme chronique.

Tristement, la consommation perdure et devient de plus en plus excessive.
Une étude menée par des chercheurs de l’Institut Gustave-Roussy montre que l’alcool est une cause majeure de mortalité prématurée en France. Il est responsable de 49000 morts par an. (Source : le Monde.fr avec AFP 04/03/13).

« Un soir, fatiguée de surveiller mes parents en train de faire la fête j’avais décidé de rentrer. Ma sœur m’avait dit que ça irait. A contre cœur je l’ai laissé prendre le relais. Toute ma vie je regretterais cette décision. L’alcool avait encore fait perdre la tête à mon père et un drame a poussé ma sœur à partir à l’autre bout de la France. »

La troisième phase est en quelque sorte une petite victoire, car il y a une prise de conscience de la personne alcoolique.
C’est un long combat qui commence pour toute personne dépendante avec suivi médical psychologique, …

Mais qu’en est-il pour l’entourage ?

Anne est maintenant maman et après une nouvelle soirée catastrophe, elle décide de couper les ponts.

« C’est à ce moment-là que mon père avait réalisé qu’il perdait tout. J’ai voulu l’aider et il y a eu une inversion des rôles : je suis devenu parent et lui enfant. Je le surveillais en arrivant aux heures d’apéros ; c’était une course à la bouteille cachée. »

Après un sevrage de plusieurs années, qu’elle assimile à la dernière phase qui est la stabilisation, Anne continuait à vivre dans la peur que son père retourne dans ses travers ce qui signifierait pour elle un retour en enfer.

Aujourd’hui Anne a 40 ans et croyait enfin avoir gagné son combat contre l’alcoolisme de son père. Malheureusement pour elle, après 3 ans d’abstinence, elle a découvert qu’il avait replongé.

« Je suis fatigué de cette lutte, cette fois nous avons décidé avec mes sœurs de laisser tomber et de vivre nos vies car il ne changera jamais. La seule chose positive dans cette galère depuis plus de 20 ans c’est ce lien fraternel qui nous unis avec mes sœurs, on en discute beaucoup on en rit pour dédramatiser.

L’entourage des alcooliques devrait aussi avoir un suivi psychologique car les relations avec eux sont violentes et perverses. Les proches sont gagnés par le sentiment d’impuissance du malade. La honte, la culpabilité sont aussi dévastatrices pour la famille. Ma mère me dit souvent que mon père buvait que du lait fraise avant ma naissance et que sa première cuite il l’a eu quand je suis née. Je me suis longtemps demandé si tout cela était de ma faute ».

Selon Alcool assistance, on chiffre à 4 ou 5 millions le nombre de buveurs excessif en France. Chacun d’entre eux vit en moyenne avec un minimum de 2 à 3 personnes. En se basant sur ces données, un minimum de 8 millions de personnes (si ce n’est pas 10 millions) vit étroitement liées –donc perturbées– avec un buveur excessif. Huit à dix millions de français en souffrance ou en danger : 1 sur 6 ou 7 environ ! (Source Internet)

Quel fléau, quelle épidémie menace autant de personnes en France ?

Il faut donc en parler à des professionnels et surtout s’armer de patience afin de ne pas sombrer et s’isoler.

Sarah

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