L’école maternelle est un moment très important. C’est pendant cette période que les petits sont en plein développement de leurs capacités.

La scolarisation des moins de 3 ans est recommandée contre l’échec scolaire et pourtant en ce milieu d’année scolaire le bilan n’est pas terrible surtout pour les enseignant(tes).

En effet la rentrée a mal commencé avec des classes surchargées. On compte souvent en moyenne plus de 30 élèves par classe.

Il y a quelques années on ne voyait ça que dans les grandes villes, aujourd’hui, quasiment tout le territoire français est touché.

Cette situation est dénoncée à chaque rentrée :

« Une classe de 25 élèves serait l’idéal. Quand il y a 4 ou 5 absents on voit tout de suite la différence. A 30 ou plus, tout devient plus compliqué forcément. Les sorties coûtent plus chers et la gestion des élèves est plus difficile à organiser » me confiais une enseignante.

Les ouvertures de classes sont différentes pour chaque département. Dans le Loiret par exemple on se base sur le nombre global d’élèves à la maternelle, sachant que les classes doivent compter 30 élèves.

S’il y a 90 élèves il y aura donc 3 classes mais on ne prend pas en considération le niveau des élèves (38 en petite section 25 chez les moyens et 27 pour la grande section). Voilà pourquoi nous avons des classes avec des petits/moyens et des moyens/grands…

Bref, encore une adaptation pour les enseignants.

De plus, les inscriptions se font de bonheur (en février), du coup, on ne compte pas les enfants qui s’inscrivent en cours d’année. Ainsi, les classes peuvent donc encore augmenter sans pour autant avoir une classe supplémentaire.

Les classes surchargées affectent les conditions de travail des enseignants et la prise en charge de leurs élèves.
Nous, les parents, nous savons que le bruit, les disputes, donner et redonner les consignes est fatigant physiquement et nerveusement… Alors imaginez pour 30 enfants !

Plus la taille des classes est importante plus les élèves fragiles sont désavantagés. Les enseignants sont confrontés à un grand nombre d’élèves aux besoins spécifiques (ceux qui ont 1 handicap, ceux qui ont des difficultés à comprendre, les précoces.. .).

Tout ça est lourd à gérer.

Comment avoir une relation de qualité avec chacun des enfants avec autant d’élèves?

« On fait tout notre possible pour être à l’écoute des besoins spécifiques de l’enfant et nous privilégions l’individualité et faisons moins de spécificités dans les travaux de groupes ». Voilà la réponse d’une enseignante.

L’arrêt brutal par l’Etat des Contrats Aidés fut une des autres difficultés à surmonter. Ils concernaient principalement l’éducation nationale dont Jean-Michel Blanquer en est le ministre.

En août 2017 il avait reconnu que plus de 23 000 contrats aidés seraient supprimés. Désormais c’est chose faite, notamment ceux qui étaient affectés à l’assistance aux directeurs d’établissement. Les enseignants l’ont apprit à la rentrée et souvent par la presse.

Quelles sont les conséquences ?

 Personne pour répondre au téléphone ni pour appeler les familles et encore moins pour gérer les courriers
 Personnes pour accueillir les visiteurs ou les partenaires de l’école
 Personne pour aider à la répartition des élèves en cas d’absence
 Personne pour faire les comptes rendus sur les sorties scolaire et noter les RDV
 Personne pour ouvrir l’école et surveiller l’entrée malgré un plan Vigipirate…

« Nous travaillons à flux tendu, on ne peut pas anticiper. Semaine après semaine on voit comment on peut s’organiser » déplore la directrice d’une école maternelle.

Il y a un enseignant et un ATSEM (Agent Territorial Spécialisé des Ecoles Maternelles) par classe de 30.

Si l’école possède 3 classes cela fait 6 adultes.

En cas d’accident cela mobilise 2 à 3 adultes il en reste donc que 3 pour surveiller environ 90 élèves !

Certains parents sont inquiets quant à la sécurité physique et psychologique des enfants.

Un mois après la rentrée, le gouvernement avait annoncé des nouvelles mesures comme la suppression de poste, le point d’indice gelé….

C’est ce qui a mené à une grève massive des fonctionnaires incluant les enseignants le mardi 10 octobre 2017.

Ajouter à ça des locaux parfois vétustes, un manque de moyens financiers,…, je suis consternée de voir dans quelles conditions les enseignants travaillent et pourtant celles que j’ai côtoyé et interrogé gardaient le sourire, le moral et avaient beaucoup de courage.

« Guider les premiers pas des écoliers dans la vie procure de grandes satisfactions. »

Il faut espérer que les prochaines rentrées se fassent dans de meilleures conditions « Il ne faut pas rater une rentrée. C’est important que cela se fasse dans de bonnes circonstances, que les enfants se sentent en confiance dès le début. »

A la question « que préfère une enseignante et directrice d’école dans son métier », voilà la réponse de l’une d’entre elle: « L’apprentissage, la transmission, la compréhension, mettre un sens à ce que les enfants apprennent et le lien avec les parents, le périscolaire… »

Je tiens à remercier toutes les personnes qui m’ont aidé pour la rédaction de cet article et surtout à toutes celles et ceux qui prennent soin et qui enseignent à nos petits dans la joie et la bonne humeur (enseignants(es), ATSEM, personnel de cantine…)

Mark Fish disait : « Un maitre est en lui-même un enseignement : chacun de ses gestes, de ses regards est une leçon. »

Nathalie.

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