Selon l’AFPA (l’Agence nationale pour la Formation Professionnelle des Adultes), le conseiller en insertion (socio) professionnel est « l’interlocuteur privilégié en cas de difficultés financières, de logement, de santé, d’emploi ou formation. Il aide les jeunes, les demandeurs d’emploi, les adultes en reconversion, les travailleurs handicapés ou les ex-détenus à trouver une solution à leur problème ».

Finalement, le CIP est un travailleur social comme un autre, avec cette spécialité qu’est l’emploi. « Trouver une solution à leur problème ». Serait-il considéré comme le Père Noël ? A t-il toujours une solution ? L’AFPA nous dit qu’on est censé pouvoir répondre aux problématiques de logement, de santé etc. Nous ne sommes pourtant ni médecin, ni agent immobilier.
Aujourd’hui, tous les conseillers (Pôle emploi, Mission Locale, ou autres structures) n’ont pas cette formation de CIP, bien que compétant dans leur secteur de métier. Il faut tout de même savoir qu’elle coute entre 4 000 et 12 000€, et qu’elle s’étale sur une période de 7 à 12 mois en moyenne.

Le développement du tout numérique, une barrière à un accompagnement de qualité.

La formation nous apprend tout simplement que le conseiller se doit de rester centré sur la personne, l’accompagner dans son projet, évaluer avec elle s’il est réaliste et/ou réalisable.

On nous demande de faire du social, de rester centré sur l’humain.

Comment peut-on réussir à faire tout cela avec le développement du tout numérique, du 100% web, de la dématérialisation ?

Le télé travail est même en train de s’imposer au sein de la maison mère avec l’obligation sur la région d’avoir 10% de ses conseillers en télé travail.

On oblige les personnes à travailler chez elles… J’ai du mal à comprendre…

Selon l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economique), 75% des ménages sont équipés d’un ordinateur, 50% sur le quartier de La Source à Orléans.

Le public éloigné et très éloigné de l’emploi n’est pas suffisamment accompagné à la recherche d’emploi via internet. Selon Pôle Emploi, moins de 10% des recrutements en 2014 ont été réalisés via les réseaux socio pro, ce qui réinterroge là encore sur leurs utilisations.

Malgré cet outil révolutionnaire qu’est l’informatique, il y a toujours autant de personnes qui fréquentent les agences de Pôle Emploi ou de la Mission Locale. En clair, l’informatique ne remplacera jamais l’HUMAIN…

Malheureusement les personnes qui rencontrent des difficultés pour réaliser leurs démarches administratives via l’ordinateur sont toujours de plus en plus nombreuses…

Le lien social est essentiel, et l’administration française opte pour le tout numérique…

C’est une erreur selon moi…

L’uniformisation de l’accompagnement délaisse un trop grand nombre de personnes

On en vient aujourd’hui à une uniformisation de l’accompagnement. Les Politiques ont créé des cases dans lesquelles le demandeur d’emploi doit se placer, de gré ou de force.

Où est donc le choix de la personne ?

A Pôle emploi, dès le 1er entretien, on vous cale dans une « modalité » en fonction de votre degré d’autonomie évaluée sur cet entretien qui dure en moyenne 1h… Cela pose question.

Pour les personnes plus en marges, comme les séniors (on est considéré séniors à partir de 45 ans, et oui…), les personnes en situation de grande précarité (les SDF (Sans Domicile Fixes), les nouveaux arrivants, etc.…), très peu de structures et de dispositifs sont mis en place.

Le contrat de génération (valorisant le fait d’employer un « jeune » et un « vieux » de plus de 57 ans) mis en place par François Hollande n’a pas du tout fonctionné.

Les personnes qui vivent dans la rue ne demandent qu’à travailler. Comment ? Les TAPAJ (Travaux Alternatifs Payés à la Journée) seraient une solution. Mobiliser les personnes sur des missions d’intérêt public sur une demi-journée, et les rémunérer de manière simple pour le travail accompli.

Je laisserais le soin à un certain Yves Bodard de détailler le projet.

Le projet professionnel…

Très rapidement, on en vient à parler de projet professionnel avec la personne accompagnée, et on l’oblige d’une certaine manière à posséder les codes institutionnels.

C’est donc à l’individu de se plier au dispositif. Nous ne sommes donc plus centrés sur le sujet et nous le rendons alors objet du dispositif.

Cette notion de projet professionnel peut avoir un effet stigmatisant sur le bénéficiaire, qui va chercher à être reconnu, pris en compte.

S’il n’a pas de projet professionnel, il va subir un échec très rapidement dans son accompagnement. C’est pour cela que l’entretien d’accompagnement ne doit pas dès le départ être basé sur le projet pro, mais sur une écoute active et une centration sur la personne.

Le projet professionnel ne doit venir qu’une fois que la personne est prête. Mais tous les protocoles, les démarches à réaliser vont à l’encontre de tout ça.

Le CIP, un accompagnement parfois plus social que professionnel

Le CIP peut exercer son métier différemment en fonction de la structure dans laquelle il travaille, le public qu’il rencontre, etc… On dit que chaque CIP exerce de manières différentes.

Au sein d’un ACI (Atelier chantier d’insertion) le professionnel de l’emploi va rencontrer des personnes en situation de grande précarité. L’emploi va être un lien, une accroche à la vie sociale.

Il va lui permettre de se fondre dans un groupe, de se rendre utile, de donner un rythme et un sens à sa journée. L’accompagnement social à réaliser va être intensifié.

En charge d’une quinzaine de personnes parfois issus de 15 pays différents, le rôle du CIP va être de créer un sentiment d’appartenance à un groupe, créer et faire vivre le collectif, gérer les conflits (tiens, c’est pas dit par l’AFPA ça…), redonner du baume aux cœurs…

Certains sans logement, d’autres en situation d’addiction, il va falloir lever tous les freins sociaux avant d’aborder la recherche d’emploi. En terme de moyen, je revois encore le bureau de la CIP que j’avais rencontré au sein d’un ACI… il est dans un préfabriqué, dans lequel nous peinions à rentrer à 4, sans imprimante bien sur… je vous laisse imaginer l’hiver…

Le CIP de proximité

Le CIP exerce en grande majorité dans un bureau. Il reçoit les demandeurs d’emploi, les bénéficiaires, sur son lieu de travail. Cela convient à une certaine catégorie de la population. Que fait-on pour le reste ? Mon rêve est d’avoir un « CIP vadrouilleur », de proximité qui passe du temps sur le lieu de vie des habitants et bien sûr dans son bureau. Comment demander à quelqu’un de quitter son confort pour rejoindre le nôtre, alors que nous-mêmes ne le faisons pas…

A oui c’est vrai, c’est toujours à l’autre de s’adapter…

Ce CIP serait en contact permanent avec les acteurs de terrain tel que les animateurs, les éducateurs, les services municipaux, les élus, les habitants, les entreprises, les organismes de formation etc.

Le meilleur moyen d’accompagner une personne c’est de la connaitre en installant une relation de confiance.

Les animateurs et éducateurs peuvent répondre à certaines problématiques, mais l’emploi est la spécialité du CIP… Il connait les dispositifs, les aides, les formations, le marché du travail…
Où est l’emploi… où est le CIP au sein de nos quartiers, de nos campagnes… ?

Comment peut-on alors reprocher à un individu d’être sans emploi ? Tout cela pose alors la question de la mobilité, de la proximité entre le marché du travail, le demandeur d’emploi… et plus précisément la proximité entre le CIP, et le demandeur d’emploi…

Certaines communes ont des « espaces emploi-formations », des structures dites de proximité. C’est un bon début, mais allons plus loin ! Acceptons qu’un CIP, tout comme un animateur, un éducateur, ou même un policier municipal, passe du temps simplement à discuter, à échanger, à apprendre à se connaitre…

Un ami m’a donné un jour une définition du CIP qui permet de comprendre assez rapidement ce qu’il est réellement :

Le Conseiller en Insertion Professionnel est finalement comparable à un médecin généraliste, mais dans le secteur de l’emploi. Il connait son secteur de métier, ce qui se passe sur son bassin. Il fait le relais auprès d’autres structures et interlocuteurs spécialisés dans les secteurs autres que l’emploi (logement, addictions, santé, familiale, suivi financier, justice, mobilité etc.…)

J’aimerai terminer en me posant simplement deux questions :

L’Emploi ne devrait-il pas laisser sa place au travail ?

Doit-on obliger quelqu’un à aller vers l’emploi ?

MB

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Toutes celles et ceux qui ont l’habitude de regarder M6 savent que cette chaîne diffuse des séries américaines telles que « blue bloods, NCIS Los Angeles, NCIS nouvelle Orléans, Elementary, Hawaii 5-0, et bien d’autres encore…

Nous allons nous intéresser à Hawaï 5-0…

Cette série qui est diffusée en France depuis avril 2011 met en avant une unité spéciale qui a carte blanche pour combattre le crime à Hawaii. (Source Internet).

Composée de quatre personnages principaux, nous avons appris que deux d’entre eux, et non des moindres, à savoir Daniel Dae Kim et Grace Park allaient quitter la série.

Pourquoi quitter une série qui marche bien et qui plus est où on a un grand rôle ?

Selon le magazine Variety, ces « deux stars d’origine asiatique auraient un salaire inférieur de 10 à 15% par rapport à leurs collègues « blancs » ».
Toujours selon ce magazine, « suite aux négociations qui ont échoué avec la CBS, ils ont décidé de quitter le navire ».

Comment se fait-il que dans le pays de l’oncle Sam où tous les rêves sont permis car le rêve américain est bel et bien une réalité et non une légende il existe encore ce fléau qu’est la discrimination !?
Ce qui est fou, c’est que Daniel Dae Kim et Grace Park apparaissent à l’écran bien plus que leur collègue Scott Caan.

Sur sa page Facebook, Daniel Dae Kim dit :

« J’ai donc pris la décision difficile de ne pas continuer. En tant qu’acteur américain d’origine asiatique je sais à quel point c’est difficile de trouver des opportunités, d’incarner un personnage multidimensionnel, comme Chin Ho. Il va sincèrement me manquer. Quitter un job pour en trouver un autre est difficile, mais j’encourage tout le monde à regarder au-delà de la déception du moment et de regarder la situation dans son ensemble. Le chemin vers l’égalité est rarement simple. »

Il est vrai que le chemin vers l’égalité est rarement simple, c’est pourquoi la lutte contre toutes les formes de discrimination devraient être l’affaire de tous et une priorité pour les personnes qui nous gouvernent.

Les femmes et les hommes politiques dans leurs discours nous disent qu’ils feront tout pour lutter contre cette injustice mais force est de constater que leurs paroles ne reflètent pas du tout la réalité du terrain.

Comment se fait-il qu’en 2017, dans notre pays la France, certaines entreprises rémunèrent moins bien les femmes alors que ces dernières occupent des postes similaires et ont les mêmes compétences que les hommes ?

Où est la justice ? Où est l’Egalité de notre belle devise ?

Beaucoup se disent choqués et pourtant rien est fait.

La discrimination devrait être sévèrement punie.

Il devrait y avoir des peines exemplaires pour dissuader toutes celles et ceux qui pratiquent cette injustice ou qui comptent la pratiquer.

Un des rôles des députés et de proposer des lois, je propose à mon tour d’appliquer d’abord celles qui existent déjà…

AJ

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« 2000 Emplois 2000 sourires » est un évènement fondé par Alex Vagner.

Le leitmotiv de ce dispositif attendu par de nombreuses personnes c’est « faciliter l’accès à un premier emploi ».
Pour cette 5ème édition qui a lieu aujourd’hui même (jeudi 11/05 de 9h à 17h au Zénith d’Orléans) un programme « riche » était au menu :
• Rencontres directes avec les entreprises et les employeurs ;
• Présence des organismes de formations sur les métiers en tension ;
• Ateliers thématiques gratuits : rédaction de CV, préparation aux entretiens de recrutement, présentation professionnelle, conseils, etc… ;
• Présence d’une vingtaine de chefs d’entreprise prêts à devenir les parrains et marraines de jeunes motivés ;
• Animations…

« Pour les entreprises, c’est un moyen efficace de recruter ou d’enrichir son portefeuille de candidatures. C’est également un moment privilégié entre les jeunes pour mieux comprendre leurs attentes et évaluer leur motivation ». (Source : Flyer 2000 emplois 2000 sourires).

Ayant beaucoup entendu parler de ce dispositif via la République du Centre, La tribune et Facebook, j’ai voulu me faire ma propre opinion en m’y rendant l’année dernière.
Fraichement diplômé, motivé, mallette en main et CV en « abondance », me voilà parti pour cette folle aventure qu’est la recherche d’emploi.
Arrivé sur place, j’ai pu constater qu’il y avait du monde et de nombreux stands ce qui n’était pas pour me déplaire car dans ma tête je m’étais dis : « Plus il y a de stands plus tu as des chances d’obtenir un travail ». Au fur et à mesure des stands que je parcourais, ma motivation baissait.

J’avais la désagréable surprise de voir que les médias en « faisaient des caisses » car certes il y avait des chefs d’entreprises, des RH, etc… mais lorsqu’arrivait mon tour, les 95% des stands qui m’avaient reçu me demandaient un CV, me parlaient grand maximum pendant 2 minutes et finissaient par me dire : « Il faudra nous appeler pour un entretien ». A quoi ça sert de venir ici alors ! J’ai conscience qu’il ne peut y avoir d’entretiens digne de ce nom pour l’ensemble des personnes, mais de là à les bâcler… J’ai abordé de nombreux candidats pour recueillir leur ressenti et malheureusement c’était le même que le mien.
On entend beaucoup parler de ce dispositif en amont et pendant. Pourquoi n’y a-t-il pas de bilan que nous pouvons consulter ?

Personnellement, j’aimerai avoir des chiffres pour « vérifier » si ce dispositif sert à quelque chose ou non. Quel est la nature des emplois « donnés » ? CDD ? CDI ? Intérim ? Contrat d’apprentissage ? … ?
Sans dénigrer telle ou telle profession, je n’ai pas besoin de venir à cet évènement pour me retrouver dans une boite à soulever des cartons.

Frustré de la 4ème édition, je ne me suis pas rendu à celle là, conscient qu’il allait m’arriver la même chose.
En espérant que ce dispositif évolue un jour…

Un jeune qui aurait voulu en profiter

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